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<title>Editos Generation France.fr</title>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<copyright>Generation France 2009</copyright>
<language>fr</language>
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 <title>Editos Generation France.fr</title>
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<pubDate>Wed, 14 07  2010 08:49:35</pubDate>
<item>
<title>Changement d'époque</title>
<description><![CDATA[<p>Depuis les années 1980, comme beaucoup de nos voisins européens, nous
 avons repoussé autant que possible les réformes nécessaires pour 
moderniser le modèle construit au cours des Trente Glorieuses. Les 
équilibres structurels de cette période étaient pourtant révolus 
(croissance aux alentours de 6%, vitalité démographique du baby-boom, 
moindre ouverture et moindre concurrence internationale...). <strong>Pire, nous 
avons même remis en cause certaines bases qui avaient permis la 
reconstruction et la croissance des Trente Glorieuses, à commencer par 
la valorisation du travail ! </strong>Dans le même temps, de nouvelles puissances 
ont émergé, rognant progressivement la compétitivité européenne, tandis 
que la financiarisation de l'économie a rendu d'autant plus vulnérable 
un tissu industriel européen en perte de dynamisme.</p>
<p><strong>Pour maintenir un train de vie en décalage avec nos moyens réels, et 
même pour se «payer le luxe» de quelques «avancées» sans lien avec la 
réalité démographique et économique comme la retraite à 60 ans ou les 
35 heures, nous avons dû augmenter la dépense publique plus vite que la
 création de richesse.</strong> Depuis 1974, le budget de l'Etat est ainsi chaque
 année déficitaire. Ces dernières années, l'euro et les taux d'intérêt 
faibles avaient masqué une partie du coût de la dette. Ils nous avaient 
donné l'impression que nous pouvions continuer sur cette pente à moindre
 frais...</p>
<p>La crise actuelle joue le rôle d'un révélateur brutal. <strong>Nous payons au
 prix fort trente ans de politique de l'autruche, d'additions de petites
 lâchetés et de démissions collectives. Nous en payons le prix 
économique évidemment: la faiblesse des perspectives de croissance en 
zone euro, l'ampleur des déficits publics et des réformes à mener, 
découragent les investisseurs qui préfèrent se tourner vers d'autres 
régions, laissant ainsi le champ libre aux spéculateurs.</strong> Plus grave 
encore, nous en payons aussi le prix moral. Celui d'une perte de 
confiance généralisée. Tous les Français de moins de 30 ans ont ainsi le
 sentiment de n'avoir jamais connu autre chose que la «crise». Seulement
 1/3 des Français pensent que leurs enfants auront un parcours social 
ascendant. Le sociologue Eric Maurin a brillamment décortiqué cette peur
 du déclassement qui hante une grande partie de nos concitoyens dans son
 dernier livre. Les citoyens se sentent abandonnés au milieu d'un gué: 
ils assistent à la fragilisation du modèle hérité des Trente Glorieuses,
 mais peinent à imaginer comment ils vont pouvoir le sauver dans les 
années futures. Ils ont le sentiment de vivre la fin d'un monde sans que
 rien ne soit proposé pour reconstruire. Rien n'est plus anxiogène que 
le discours décliniste couplé au statu quo.</p>
<p>Il est pourtant possible de retracer un chemin de confiance pour la 
France et l'Europe. La prise de conscience imposée par cette crise doit 
être pour nous une opportunité de renouer avec l'espérance. Pour cela, 
deux conditions:<strong></strong></p>
<p><strong>D'abord, oser un regard lucide sur notre situation présente: </strong>nous
 devons prendre conscience qu'à force d'idéaliser le passé, nous avons 
perdu foi en l'avenir. Pour débloquer les immobilismes, il faut au 
préalable relativiser le sentiment de déclin par rapport à la période 
1960-1970 et affirmer que le progrès est devant nous! Il n'y a pas un 
âge d'or que nous devrions regretter comme si l'optimum économique et 
social avait été atteint en 1970 et que l'Histoire était finie pour 
nous...</p>
<p>Prenons quelques exemples: l'espérance de vie s'élevait à 70,4 ans 
pour les hommes et à 78,5 pour les femmes en 1981, contre 84,5 et 77,8 
ans en 2009; le pouvoir d'achat n'a cessé de progresser bien qu'à un 
rythme moins soutenu (entre 1974 et 2006, il a progressé de 2,1% par 
an), le taux de pauvreté n'a cessé de régresser (de 17,9% en 1970 à 
13,4% en 2007)... Nous devons avoir conscience que nous vivons dans 
l'une des régions du monde où les citoyens bénéficient du meilleur air, 
de la meilleure eau, de la meilleure alimentation, du meilleur équilibre
 politique et économique, des meilleures chances pour se former et faire
 valoir ses talents, d'un système de soins et de solidarité qui continue
 de faire envie à l'international... On finit par oublier que l'Europe 
garde un PIB trois fois supérieur à celui de la Chine. L'Europe et la 
France disposent des atouts majeurs et offrent à leurs concitoyens des 
conditions de vie et de développement largement au-dessus de la moyenne 
internationale. C'est une invitation à sortir du misérabilisme et de la 
démagogie pour garder en tête que vivre en France est d'abord une 
chance, pour les plus modestes comme pour les plus aisés. Voilà une 
condition pour continuer à aller ensemble vers l'avant.</p>
<p><strong>Ensuite, il faut se fixer un cap clair et juste, </strong>qui
 montre aux citoyens comment notre continent peut se donner les moyens 
de redevenir maître de son destin, y compris dans un environnement 
globalisé et ultra concurrentiel. C'est là le rôle des hommes 
politiques. Je crois que les Français sont notamment prêts à adhérer à 
une feuille de route qui reposerait sur trois axes:</p>
<p><strong>1/ Premier mot clé: le courage. </strong>Depuis trente ans,<strong>
 </strong>la France est devenue championne du monde des diagnostics, 
mais elle a toujours freiné avant d'appliquer les remèdes... Pourtant, 
les Français sont prêts à passer à l'action à condition que les efforts 
demandés soient justes:</p>
<ul type="disc">
<li><strong>il faut      booster la compétitivité de notre pays</strong>:
 aujourd'hui, la croissance      française tient essentiellement grâce à
 la consommation intérieure, stimulée      en partie artificiellement 
par les dépenses publiques (entre 1950 et 2008      la part des 
prestations sociales dans le revenu disponible des ménages est      
passée de 14,4% à 29,4%). Il faut donc trouver de nouveaux moteurs de   
   croissance, en misant notamment sur l'innovation et l'exportation. 
Les      leviers de croissance à deux chiffres, ce n'est pas en France 
qu'on les      trouvera le plus facilement, c'est à l'international! 
Nous devons partir à      la conquête de nouveaux marchés. C'est 
d'ailleurs l'intérêt d'un euro      moins fort... Si nous voulons 
exporter, il faut transformer notre tissu      industriel! La France se 
caractérise par des entreprises géantes et des      toutes petites 
entreprises, mais nous manquons cruellement d'entreprises      de taille
 intermédiaire. Ce sont pourtant les PME importantes qui créent      le 
plus d'emplois, qui innovent le plus, qui exportent le plus! Il faut    
  donc les aider à grandir, à miser sur l'avenir... Dans cette 
perspective, la      question du financement est essentielle. La 
problématique de la nouvelle croissance      sera au coeur d'un grand 
forum de mon club GénérationFrance.fr à la rentrée      prochaine</li>
<li><strong>il faut      prendre à bras le corps la question des 
finances publiques</strong>. A cet      égard, je me réjouis de voir que
 le président de la République vient      d'annoncer, lors de la 
conférence sur les déficits publics, qu'il érigeait      comme priorité 
un changement de la Constitution pour y inscrire une règle d'équilibre  
    des comptes publics donnant cinq ans pour y parvenir en réduisant 
les      dépenses. C'était une proposition phare du forum sur la dette 
de Génération      France.fr, en avril dernier.</li>
<li><strong>il faut      changer notre rapport au travail.</strong> De 
ce point de vue, la réforme des      retraites est un dossier décisif et
 symbolique. Elle doit être l'occasion      de faire comprendre aux 
Français qu'ils devront travailler davantage et      que cela n'est pas 
un drame. Mercredi 19 mai, avec mes collègues députés      de l'UMP et 
du Nouveau centre, nous avons d'ailleurs présenté un rapport      
d'étape de notre groupe de travail sur la réforme des retraites qui     
 préconise de respecter quatre grands principes: renforcer l'équité 
entre      les différents régimes de retraites; travailler plus 
longtemps; travailler      mieux tout au long de la vie afin que les 
actifs arrivent en bonne santé à      l'âge de la retraite; compléter 
les régimes de base en favorisant l'accès      à l'épargne retraite. 
Avec Génération France.fr, nous tiendrons un forum      sur cette 
question du travail en juin.</li>
</ul>
<p><strong>2/ Deuxième mot clé: le rassemblement. </strong>Il nous sera 
impossible d'avancer sans réconcilier réussite individuelle et 
collective. Il faut en finir avec la rhétorique que nous ressert le PS, 
des «riches contre les pauvres», des entreprises contre les salariés, 
des jeunes contre les plus âgés... A la lutte des classes et des 
générations, il faut substituer une dynamique profonde d'unité. Ne 
comptez pas sur moi pour abandonner la réflexion sur le vivre ensemble, 
malgré les ratés du débat lancé en préfecture sur l'identité nationale. 
Ces enjeux seront ainsi au coeur de notre dernier forum Génération 
France.fr dans le courant de l'année 2011.</p>
<p><strong>3/ Troisième mot clé: l'ouverture au monde.</strong> Les 
Français ont d'autant plus peur de la mondialisation qu'ils connaissent 
mal l'international. Nous rechignons souvent à apprendre les langues 
étrangères, à commencer par l'Anglais, alors qu'il est devenu la langue 
véhiculaire du monde! Avec l'Europe, la France doit se tourner 
résolument à l'international, si elle ne veut pas sortir peu à peu de 
l'histoire, en laissant les Etats-Unis et la Chine constituer un G2 qui 
déciderait sans elle du sort de la planète. Cela passera par une 
approche décomplexée de l'international et par une rénovation totale de 
la gouvernance européenne et mondiale, sujet sur lequel je ferai des 
propositions avant l'été avec mes collègues Pierre Lequiller, président 
de la commission des Affaires européennes à l'Assemblée, Michel 
Herbillon député du Val-de-Marne et Jean-Pierre Gorges, député 
d'Eure-et-Loir. Nous aborderons également ces sujets lors du quatrième 
forum thématique de GénérationFrance.fr à l'automne.</p>
<p>La France et l'Europe ont les ressources pour garder la maîtrise de 
leur destin, renouer avec la prospérité et consolider les fondamentaux 
du modèle social auquel nous sommes attachés. Il faut désormais 
mobiliser ces ressources en invitant chacun à participer avec ardeur à 
cette aventure collective. J'ai la conviction que le changement ne doit 
pas être vécu comme une angoisse mais comme une opportunité, notamment 
pour les nouvelles générations qui n'en peuvent plus d'être baignées 
depuis leur plus jeune âge dans «la crise». Le monde change vite; 
aujourd'hui l'Europe fait partie des suiveurs qui subissent le 
mouvement. A nous de tout faire pour devenir des acteurs qui 
l'orientent.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Thu, 03 06  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Cachez cette rigueur que je ne saurais voir</title>
<description><![CDATA[<p>Une <strong><a href="http://www.wat.tv/video/fillon-je-en-contrefous-2pzp5_2exyh_.html">polémique
 sémantique</a></strong> voit le jour depuis que j'ai parlé de <strong><a href="http://fr.news.yahoo.com/73/20100510/tbs-jean-franois-cop-le-mot-que-j-utilis-da12d06.html">rigueur</a></strong>
 à propos du <strong><a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/06/les-depenses-de-l-etat-gelees-pour-trois-ans_1347666_3234.html#ens_id=1170028">plan
 de réduction des dépenses de l'Etat</a></strong>, annoncé le 6 mai 
dernier par le Premier ministre. Plutôt que d'utiliser ce mot, qui 
serait anxiogène pour les Français, il faudrait mieux employer un 
synonyme ou une périphrase comme responsabilité, gestion sérieuse, 
politique de redressement des finances publiques et j'en passe...</p>
<p>Honnêtement, ce genre de discussions sur les mots me paraît bien 
dérisoire et je ne me battrai pas sur ce point. <strong>En revanche, je suis 
attaché à ce que nous tenions un langage de vérité. Les Français ne 
détestent rien de plus que ces euphémismes qui leur donnent l'impression
 de ne pas être traités comme des adultes. </strong>On finit d'ailleurs toujours 
par payer dans les urnes ces formes de déni de la réalité. Les 
socialistes en ont fait l'amer constat le 21 avril 2002: la gauche avait
 fini par exaspérer les électeurs à force parler de sentiment 
d'insécurité plutôt que de prendre en compte l'inquiétude des Français 
face à une insécurité bien réelle.</p>
<p>Ne comptez donc pas sur moi pour me cacher derrière des mots: depuis 
que je ne suis plus porte-parole du gouvernement, j'ai abandonné la 
langue de bois. A la suite des élections municipales de 2008, j'avais 
ainsi reconnu une défaite quand d'autres parlaient de «non victoire». 
Après les régionales, j'ai aussi assumé sans hésiter la "défaite
 sévère" de ma famille politique.</p>
<p><strong>Comme le disait si bien François Fillon lui-même, selon le titre de 
son excellent livre paru en 2006, «la France peut supporter la vérité». 
Et la vérité, aujourd'hui, c'est que le niveau d'endettement de notre 
pays est tel qu'il est urgent de réduire les dépenses publiques.</strong> Appelez
 ça comme vous voulez, moi je dis qu'il faut gérer l'argent public avec 
une très grande rigueur, comme chaque ménage gère ses propres deniers en
 période de crise. Les Français savent bien que personne -particulier, 
entreprise ou Etat- ne peut se permettre durablement de toucher 40 et de
 dépenser 55 sans risquer la faillite. C'est pourtant ce que fait la 
France avec un niveau de dépenses publiques qui s'élevait à 55,7% du PIB
 en 2009 pour un taux de prélèvements obligatoires, c'est-à-dire des 
recettes, fixé à 41% du PIB.</p>
<p>Ne dramatisons pas à l'excès l'emploi du mot rigueur. Nous sommes 
très loin de la situation de l'Angleterre lorsque Churchill promettait <strong><em><a href="http://www.lgdj.fr/documents/228198/sang-sueur-larmes-discours-winston-churchill-13-mai-18-juin">«du
 sang, de la sueur et des larmes»</a></em></strong>. Pourquoi l'Etat se 
priverait-il de revendiquer cette qualité de rigueur que chacun valorise
 dans la vie de tous les jours? Dans mon esprit, rigueur ne rime 
d'ailleurs pas avec baisse du pouvoir d'achat. C'est seulement une fois 
que toutes les marges d'économies ont été épuisées, que l'on pourrait 
envisager, si nécessaire, d'augmenter les prélèvements obligatoires.</p>
<p><strong>Le plan de réduction des dépenses relève donc d'une indispensable 
logique de gestion de bon père de famille et non pas de père fouettard 
anti-pouvoir d'achat comme certains socialistes ont essayé de le faire 
croire.</strong> Je ne comprends pas le double langage du PS qui a voté le plan 
d'aide à la Grèce, pourtant assorti de mesures autrement plus drastiques
 que celles annoncées par François Fillon, et pousse dans la même 
semaine des cris d'orfraies quand notre pays annonce qu'il va être plus 
rigoureux dans la gestion des finances publiques.</p>
<p>Les querelles de mots ne doivent pas nous détourner des véritables 
enjeux. A l'heure où notre pays est confronté à des défis vitaux comme 
la réforme des retraites
 ou le redressement des finances publiques, les Français attendent de 
leurs hommes politiques de la responsabilité et du courage. C'est dans 
cet esprit même que les députés du groupe UMP ont lancé la deuxième 
édition des Etats Généraux de la dépense publique. Ils vont organiser en
 circonscription des réunions publiques pour échanger avec les citoyens 
sur les enjeux financiers de notre pays et recueillir leurs propositions
 pour réduire la dépense publique. Un site Internet <a href="http://www.ladepensepublique.fr/">www.ladepensepublique.fr</a> est
 aussi à la disposition de tous les citoyens qui souhaitent participer 
par leurs remarques et leurs préconisations à l'effort de rigueur qui 
s'impose à notre pays.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Tue, 18 05  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>De retour des Côtes d'Armor</title>
<description><![CDATA[<p><strong><em>« N'oublie
jamais les gens de Landernau ». </em>C'est le dernier
conseil que m'avait donné le responsable de la coopérative agricole dans
laquelle j'avais fais un stage de six mois à l'âge de 23 ans.</strong> A l'époque, du
Finistère aux Côtes-d'Armor, j'avais sillonné la Bretagne intérieure, à la
rencontre des acteurs de la chaîne alimentaire - des producteurs à la grande
distribution en passant par la transformation - découvrant leur travail, leur
passion et partageant un peu de leur vie. Depuis, lorsqu'à Paris, je dois
prendre une décision importante, cette phrase me revient souvent en mémoire. <em>« Qu'en penseraient ces personnes
auprès de qui j'ai tant appris au début de ma vie professionnelle ? Comment
comprendraient-ils ce choix ? Le trouveraient-t-ils juste et nécessaire ?».
</em>Ces questions comptent pour beaucoup dans mon discernement. <strong>Elles
expliquent ma volonté d'être aussi souvent que possible sur le terrain, avec
mes amis députés, à la rencontre des Français, dans toute leur diversité.</strong></p>
<p>Mercredi 5 et jeudi
6 mai, ma visite dans les Côtes-d'-Armor, à l'invitation de Marc Le Fur, député
de la 3<sup>ème</sup> circonscription du département, a pris une dimension
particulière. Avant d'ouvrir une nouvelle antenne locale de Génération
France.fr, la 1<sup>ère</sup> en Bretagne, avec mille personnes réunis à Plémy,
le soir de mon anniversaire, nous avons visité à Loudéac un site de surgélation
appartenant à COOPAGRI Bretagne, cette coopérative qui m'avait déjà accueilli
il y a une vingtaine d'années. J'ai pu constater les investissements réalisés
pour gagner de nouveaux marchés et s'adapter aux attentes des clients, dans la
distribution et la restauration. </p>
<p>Comme lors la
plupart des mes déplacements en région, j'ai également visité une exploitation agricole.
C'était l'heure de la traite dans cette exploitation laitière de Plémy, tenue
par un jeune agriculteur plein de courage, que ses parents aident autant qu'ils
peuvent pour éviter les charges trop lourdes d'un emploi salarié. Les voisins
étaient là, ainsi que les représentants de la profession dans ce département,
le 2<sup>ème</sup> de France pour l'agriculture. Nous avons pris le temps de
parler de ces défis qui me tiennent tant à coeur : la compétitivité de
l'agriculture française dans un siècle où l'indépendance et la sécurité
alimentaires redeviennent des priorités au niveau mondial.</p>
<p><strong>La crise agricole
qui frappe de plein fouet l'ensemble des filières est d'une ampleur sans
précédent avec des pertes de revenus d'environ 35% en moyenne sur l'année 2009.
Dans le secteur laitier, celles-ci dépassent les 50% ! Cette crise impose
des réponses d'urgence pour sauver la trésorerie de nombreuses exploitations
menacées. </strong>Un certain nombre de mesures ont déjà été prises en octobre
2009 : 1,8 milliard d'euros de prêts de trésorerie, 650 millions d'euros
de soutien de l'Etat. Au deuxième trimestre 2009, 60 millions d'euros ont été
débloqués pour soutenir la trésorerie des producteurs de lait. La loi de
modernisation agricole, préparée par Bruno Le Maire, en lien avec les
parlementaires et les professionnels du secteur, et que nous examinerons en
juin à l'Assemblée, apporte quant à elle des réponses structurelles. La
généralisation de la contractualisation entre producteurs et acheteurs devrait
notamment permettre de mieux lisser les variations de cours et de volume. Le
renforcement des interprofessions et des organisations de producteurs est aussi
un moyen de mieux faire face à la pression de la grande distribution.</p>
<p><strong>Nous sommes
désormais à la croisée des chemins et nous devons relever deux défis pour
assurer à notre pays l'indépendance alimentaire et à nos paysans des conditions
de travail justes.</strong></p>
<p><strong>Le premier de ces
défis, c'est celui de la compétitivité. </strong>Pas seulement par rapport à la Chine, à l'Inde ou à la Nouvelle-Zélande...
Par rapport à nos voisins européens ! Ils évoluent en théorie dans le même
marché que nous, avec les mêmes types de contraintes réglementaires et
pourtant, ils gagnent des parts de marchés... Je m'appuie une fois de plus sur le
cas de nos voisins allemands. Aucun prévisionniste français n'a vu venir la
montée en puissance de l'agriculture allemande depuis une trentaine d'années.
Le pays que nous considérons souvent uniquement sous l'angle industriel, s'est
aussi affirmé comme une grande puissance agricole. Les exportations agricoles
allemandes ont doublé par rapport à 1990, elles ont quadruplé par rapport à
1980. Près de 20% des ventes de l'agriculture allemande sont réalisées à
l'export, notamment grâce aux filières porcines et laitières qui sont
particulièrement offensives. </p>
<p><strong>Le facteur
essentiel est évidemment le coût du travail.</strong> Dans un raccourci assez saisissant,
un de mes interlocuteurs m'expliquait que les travailleurs ukrainiens vont
travailler à bas prix pour l'agriculture polonaise tandis que les Polonais louent
leur service aux producteurs allemands. Le recours à des intérimaires venus
d'Europe de l'Est permet par exemple à la filière porcine allemande
d'économiser près de 140 millions d'euros dans l'abattage et le découpage. Pour
atténuer l'impact de ces écarts, nous avons décidé, dans la loi de finances
rectificative du 9 mars dernier, des allègements de charges pour les
saisonniers agricoles. Avec cette mesure, le coût du travail est ainsi ramené à
9,29 euros de l'heure contre 11,30 auparavant, ce qui permet de réduire le
différentiel de compétitivité avec les autres pays européens. Ces mesures
d'exonération représentent un effort financier de l'Etat de 450 millions
d'euros par an. </p>
<p>Le système fiscal
allemand est également assez favorable. Par exemple, environ ¾ de la production
porcine allemande bénéficie d'un régime de TVA au forfait qui permet d'acheter
à un taux de TVA réduit et de vendre à un taux plus élevé. Un mécanisme
semblable existe en France mais il n'est valable que pour des entreprises dont
le chiffre d'affaires est si faible qu'il écarte d'emblée la majorité des
exploitations agricoles... Il est temps d'ajuster les écarts fiscaux trop
importants sur le volet agricole.</p>
<p>Le cadre
réglementaire a aussi un impact très fort sur la compétitivité. On pourrait
penser que la politique agricole commune avait supprimé les distorsions de
concurrence en mettant tout le monde sur un pied d'égalité. Pourtant, ce n'est
pas le cas. La France
est souvent zélée dans l'application des directives en matière agricole. Nous
voulons « laver plus blanc que blanc » en allant plus loin que les
réglementations communautaires. C'est vrai pour ce qui concerne les contrôles
sanitaires, les normes environnementales, les exigences en matière de « bien-être
animal »... C'est évidemment tout à notre honneur... mais veillons à ne pas
rendre cette attitude doublement contreproductive ! La question des
phytosanitaires est assez emblématique. Si nous fixons à nos producteurs des
contraintes plus fortes que celles de leurs voisins européens, ils sont
pénalisés et deviennent moins compétitifs sur les prix. Les acheteurs en viennent
alors à importer des productions moins chères et moins contrôlées venant de l'étranger.
On ne réduit en rien le recours aux phytosanitaires dans les produits consommés
mais on bloque la production française. On perd alors sur tous les
tableaux : en termes financiers bien sûr, mais également en termes
environnementaux, sanitaires... Gardons en tête que la France n'est pas une île et
que, dans le cadre de la PAC,
elle ne peut pas se donner des contraintes plus strictes que nos concurrents
européens si cela ne nous donne pas un avantage compétitif !</p>
<p>Enfin, la taille
des exploitations chez nos voisins est un moyen de gagner en productivité et
donc en compétitivité. Voilà qui renvoie à une réflexion de fond sur
l'organisation à long terme de notre agriculture. Les Côtes-d'-Armor comptent
par exemple plus de 13 500 exploitations agricoles, pour un peu moins de
600 000 habitants. Des regroupements sont-ils souhaitables ? Quel est
l'impact sur l'organisation de la production, sur la vitalité de nos
territoires ruraux, sur l'avenir de la profession agricole ? Depuis des
décennies, les acteurs du monde agricole adaptent sans cesse leurs modes de travail
avec une capacité d'évolution largement méconnue. Peu de secteurs se sont
autant modernisés au cours des dernières années. Ils sont encore prêts à
évoluer. A une condition : qu'on définisse une ligne claire, avec une
vision ambitieuse et de long terme. Nos agriculteurs n'en peuvent plus des
injonctions contradictoires avec des changements de pied tous les ans...
Lorsqu'on travaille sur le monde du vivant, plus encore qu'ailleurs, on ne peut
pas improviser. Il faut une stratégie et des investissements à long terme, puis
la patience avant de récolter les fruits qu'on a semés.</p>
<p><strong>En même temps que
le défi de la compétitivité, nous devons relever le défi de la considération. De
ma circonscription de Seine-et-Marne aux Côtes-d'Armor, en passant par
l'Aveyron, mes rencontres avec les paysans de notre pays sont souvent marqués
par le même paradoxe. Je rencontre des gens passionnés par leur métier malgré
des conditions de travail éprouvantes, fier de ce qu'ils font malgré des
revenus souvent très faibles. Mais ces femmes et ces hommes se sentent victimes
d'une profonde injustice : ils n'en peuvent plus d'être déconsidérés.</strong> Nous
avons sans doute les meilleurs agriculteurs du monde mais ils sont tantôt
désignés comme des fauteurs de pollution, tantôt comme une espèce en voie de
disparition. On leur reproche en même temps de coûter cher à l'Europe et
d'écraser les producteurs des pays du Sud... On les rend finalement responsables
d'incohérences que les Européens n'arrivent pas à gérer, en tant que citoyens
et consommateurs, et qu'ils reportent alors sur des boucs émissaires. Le nombre
important de suicides dans la profession agricole témoigne douloureusement de la
détresse d'une partie de cette profession qui travaille chaque jour pour
nourrir la planète et lui donner ce qui est indispensable à la vie ! Cette
détresse n'est pas uniquement économique. Elle trouve aussi ses sources dans le
sentiment qu'éprouvent beaucoup de nos concitoyens en milieu rural d'être
délaissés, oubliés, méprisés. Il y a quelques mois le débat sur l'identité a
beaucoup porté sur la question de l'immigration et de l'intégration. J'avais
alors désigné d'autres fissures, tout aussi préoccupantes pour notre communauté
nationale. Je reste persuadé plus que jamais que nous devons mettre toute notre
énergie à réconcilier la France
rurale et la France
urbaine. Soyons fiers de notre agriculture qui doit rester un fleuron de notre
économie et une source inépuisable de lien social pour notre pays ! </p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 13 05  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Soutenir la Grèce, c'est soutenir l'Europe</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Depuis septembre 2008, personne ne peut ignorer ce qu'il en coûte de 
laisser tomber un acteur important de l'économie, même s'il s'est mis 
lui-même dans une mauvaise situation. </strong>Chacun a gardé en tête les
 conséquences de la faillite de Lehman Brothers. 
L'effondrement de la banque américaine a donné un coup d'accélérateur 
dramatique à la crise financière dont nous sentons encore les effets 
avec violence aujourd'hui. En évitant la faillite de Lehmann, les 
autorités américaines n'auraient sûrement pas arrêté la crise mondiale, 
mais elles auraient limité la brutalité de la perte de confiance sur 
tous les marchés financiers du monde à l'automne 2008. <strong>Dans nos 
économies modernes, la défiance est devenue le pire ennemi de la 
croissance.</strong></p>
<p>Avons-nous tiré les leçons de cette funeste expérience? C'est le 
moment de le montrer. Car un scénario voisin semble se répéter 
aujourd'hui. <strong>La bulle d'endettement en cause n'est plus celle des 
ménages américains, c'est celle des Etats européens. Le maillon faible 
n'est plus une banque. C'est un de nos partenaires, la Grèce. Le système
 menacé n'est plus l'ensemble du système bancaire international, c'est 
la zone Euro. </strong>Et à travers elle, soyons lucides, c'est l'Europe qui est 
directement attaquée, comme puissance économique et politique.</p>
<p>Pour l'Europe, c'est en effet l'heure du grand test. Une défaillance 
grecque aurait des conséquences incalculables.</p>
<p><strong>- D'un point de vue politique</strong>, ce serait un aveu 
d'échec adressé à tous les citoyens européens et au-delà à toutes les 
autres puissances de la planète. Aux yeux de tous, notre projet 
politique fondé sur la solidarité entre les peuples perdrait une large 
part de sa crédibilité.</p>
<p><strong>- D'un point de vue financier</strong>, ce serait le début 
d'une période de trouble inquiétante dans la zone Euro. Certains 
évoquent le risque d'un effet domino. C'est une hypothèse qu'on ne peut 
plus exclure même s'il ne faut pas mettre sur le même plan la Grèce et 
les autres pays européens: Espagne, Portugal, Irlande. Ces pays ne sont 
pas confrontés aux mêmes défis. Ce ne sont pas les finances publiques 
qui sont le point de départ des problèmes ibériques. Avant la crise et 
l'explosion de sa bulle immobilière, l'Espagne avait une politique 
budgétaire raisonnable. On ne peut pas dire la même chose de la Grèce: 
les tricheries de ses gouvernants d'hier sont les premiers responsables 
de ce qui lui arrive aujourd'hui.</p>
<h3>La faute et le châtiment</h3>
<p><strong>La crise grecque force les dirigeants des pays de l'Union européenne à
 la clarté et au courage, notamment face à leurs opinions publiques 
respectives. </strong>Même si je le regrette, je constate que c'est souvent dans 
les crises et dans l'urgence que l'Europe est capable de révéler le 
meilleur d'elle-même. Voilà pourquoi je souhaite que les Européens 
adoptent au plus vite le plan de soutien qui permettra à la Grèce de 
faire face à ses prochaines échéances. Il faut rapidement montrer aux 
spéculateurs qu'ils n'obtiendront pas gain de cause en s'attaquant à 
l'euro.</p>
<p>Oui, c'est la Grèce elle-même qui a cassé la confiance des marchés en
 maquillant ses comptes publics pendant des années. Cela est indéniable,
 même si on peut aussi mettre en cause la mansuétude de toutes les 
instances qui auraient dû tirer le signal d'alarme bien avant. Par le 
passé, les autorités européennes comme les acteurs financiers -à 
commencer par les banques et les
 agences de notation- n'ont pas contesté les chiffres 
grecs, malgré leurs invraisemblances. On s'est même rendu compte que 
certains avaient largement tiré profit des désordres d'Athènes... <strong>Nous 
devons tirer toutes les leçons de ces dérives pour empêcher à l'avenir 
les «petits arrangements entre amis» qui ont permis le contournement de 
toutes les exigences comptables. Nous devons aussi retenir que lorsque 
la croissance est là, le pacte de stabilité n'est pas une brimade 
inutile, mais la condition sine qua non pour la survie de notre union 
monétaire. </strong>Cette leçon vaut notamment pour notre pays, qui doit viser au
 plus vite la réduction de ses déficits et se donner une règle 
constitutionnelle pour tenir l'équilibre de ses finances publiques.</p>
<p>Certains vertueux considèrent que la faute grecque mérite un 
châtiment et qu'il ne faut pas fausser le jeu du marché. Ils justifient 
leurs positions avec des arguments frappés au coin du bon sens: en 
venant aux secours de ceux qui ont dépensé sans rigueur en mentant sur 
la réalité de leur déficit, on risque d'encourager les comportements 
budgétaires irresponsables. On favorise en effet ce que les assureurs 
appellent l'aléa moral. Un individu assuré par d'autres a tendance à 
prendre davantage de risques qu'un individu qui doit lui-même assumer 
les conséquences financières de ses actes...</p>
<h3>Une question d'intérêt</h3>
<p><strong>On peut comprendre qu'une partie importante de l'opinion allemande 
accepte difficilement l'idée de prêter de l'argent à la Grèce. </strong>Ceux qui 
se sont serrés la ceinture pendant des années en mettant en oeuvre des 
réformes structurelles très profondes renâclent à payer les pots cassés 
par d'autres. Surtout lorsque ces derniers ont fait preuve d'insouciance
 pendant des années et que, même au coeur de la crise, ils tardent à 
faire des efforts aussi exigeants que les Allemands.</p>
<p>On en revient toujours à l'indémodable fable de La
 Cigale et de la Fourmi. A une nuance près... Et de 
taille! Dans la fable, la fourmi n'a pas d'intérêt personnel à aider la 
cigale. Or, <strong>dans la situation européenne, nous sommes tous directement 
liés les uns aux autres. Si l'appel à la solidarité européenne ne suffit
 pas, il faut alors avoir en tête qu'aider la Grèce, c'est aussi notre 
intérêt direct!</strong></p>
<p>D'une part, les banques allemandes et françaises sont très exposées 
en Grèce. La France détient 52 milliards  de bons de trésor grecs et 
l'Allemagne 30 milliards . Si Athènes n'honorait pas ses engagements, 
nous risquerions de repartir dans la spirale de défiance interbancaire 
qui a paralysé toute notre économie à l'automne et l'hiver 2008.</p>
<p>D'autre part, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d'une crise de 
l'Euroland alors que tous nos efforts doivent être tendus vers le retour
 de la croissance et de l'emploi.</p>
<p>Il est évidemment moins enthousiasmant de faire appel à la raison 
plutôt qu'au coeur, afin de rappeler l'urgence du plan de soutien à la 
Grèce. Mais nous devons prendre acte du fait que l'eurobéatitude n'est 
plus à l'ordre du jour. Ni en France, ni en Allemagne. Soutenir la Grèce
 aujourd'hui, tout en tirant les leçons pour éviter qu'une même histoire
 se reproduise à l'avenir, c'est montrer que l'Europe n'est pas une 
incantation ou une étoile morte. Alors que de nouveaux géants émergent à
 l'échelle de la planète, il est temps de refuser la sortie de 
l'Histoire que certains promettent à notre continent...</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 03 05  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Rapprocher la France et l'Allemagne, ça devient vital</title>
<description><![CDATA[<p>Après un cycle de chroniques sur les réformes menées en Allemagne dans les domaines de l'industrie, du marché du travail, des retraites, de l'assurance maladie et de la réduction de la dette publique, <strong>je voudrais partager avec vous quelques réflexions personnelles sur les enseignements que nos deux pays pourraient tirer de cette comparaison.</strong></p>
<p>Depuis une quinzaine d'années, malgré l'adoption de la monnaie unique au 1er janvier 1999, France et Allemagne ont mené deux stratégies économiques différentes.
</p>
<p>En ralentissement économique dans les années 1990 et confrontée au 
coût de la réunification, l'Allemagne a décidé de miser sur une 
politique de désinflation compétitive. Celle-ci visait à alléger le coût
 du travail et à rétablir l'équilibre des finances publiques. Pour tenir
 ce cap, l'Allemagne a lancé des réformes structurelles d'une grande 
ampleur qui ont pesé essentiellement sur le pouvoir d'achat des ménages,
 notamment celui des inactifs.</p>
<p>De son côté, la France a de fait privilégié la consommation -et la 
baisse du temps de travail-  plutôt que la compétitivité. Nous avons 
donc parié sur notre marché intérieur plutôt que sur l'export. Le 
renchérissement de l'euro a renforcé cette logique. Les gouvernements 
successifs ont ainsi érigé le pouvoir d'achat en priorité, en relevant 
le smic, en baissant le taux des prélèvements obligatoires (passé de 
44,9% du PIB en 1999, à 41% en 2009) et en augmentant les revenus de 
transfert (création du <strong>RSA</strong>,
 hausse des minima sociaux...). Parallèlement, les quelques réformes 
structurelles engagées ont généré des économies limitées. Ce choix d'une
 politique de la demande s'est notamment traduit par une hausse 
importante de l'endettement public.</p>
<p>A mon sens, <strong>les divergences économiques entre la France et 
l'Allemagne entraînent deux dangers majeurs</strong>:</p>
<p>1/ <strong>Nos différences de stratégies font que nos deux pays ont 
de moins en moins d'intérêts communs dans la définition de leur 
politique économique, ce qui peut s'avérer mortel pour l'euro</strong> <strong>comme
 pour l'Europe. </strong>Ainsi les écarts se creusent:</p>
<p><strong> dans le domaine industriel et commercial</strong>: 
l'Allemagne a enregistré un excédent commercial pour 2009 de 136,1 
milliards d'euros contre un déficit français de 43 milliards d'euros et 
l'emploi industriel allemand résiste bien à la concurrence 
internationale -il enregistre même une légère hausse depuis 2005- quand 
l'emploi industriel français est en repli depuis 2001.</p>
<p><strong> au niveau du pouvoir d'achat</strong>: entre 1998 et 2006, 
les salaires ont augmenté de 11% en Allemagne contre 38% en France, ce 
qui s'est notamment traduit par une progression du pouvoir d'achat des 
ménages allemands de 8,3% contre 14,5% pour les ménages français (et 
11,8% pour la zone euro)</p>
<p><strong> en ce qui concerne la dette</strong>: l'endettement public 
en Allemagne est endigué, quand il s'aggrave toujours en France (on 
prévoit 15,8% d'augmentation de la dette publique entre 2008 et 2010).</p>
<p><strong> pour ce qui est de la protection sociale</strong>: la 
pauvreté a augmenté en Allemagne en partie sous l'effet des réformes 
drastiques des retraites et de l'assurance chômage: 10% des Allemands 
vivaient en 2000 en dessous du seuil de pauvreté contre 14,4% en 2008 
alors que le taux de pauvreté français est passé de 16% de la population
 en 2000 à 13,4% en 2007.</p>
<p>2/ <strong>Les modèles économiques français et allemands ne sont pas 
viables sur le long terme.</strong> A force de concentrer en priorité 
leurs efforts sur la consommation (pour la France), ou l'export (pour 
l'Allemagne), nos deux pays en viennent à négliger le fait qu'une 
croissance équilibrée progresse grâce à trois moteurs: la demande 
intérieure, le marché international et l'investissement. France et 
Allemagne limitent ainsi leurs efforts d'investissement, notamment dans 
l'innovation, qui est pourtant la clé de notre compétitivité à venir (en
 2008 2% du PIB était consacré à des dépenses de recherche/développement
 en France et 2,5% en Allemagne, loin de l'objectif des 3% fixé par la 
stratégie de Lisbonne en 2000).</p>
<p>D'ailleurs, sur les dix dernières années, la croissance des deux pays
 témoigne de ces faiblesses: entre 2000 et 2009, la croissance annuelle 
moyenne -inflation comprise- en France a été de 3% contre 1,6% en 
Allemagne, bien en dessous du niveau des taux de croissance mondiaux! 
C'est maintenant que l'on va voir si les choix allemands portent leurs 
fruits. D'après les prévisions, malgré son meilleur positionnement 
international qui lui permettrait de profiter de la forte reprise dans 
les pays émergents en 2010, l'Allemagne devrait sortir à peine plus vite
 de la crise que la France avec des taux de croissance probables de 1,5%
 et 1,9% pour les deux années à venir (contre 1,4% et 1,7% pour la 
France).</p>
<p>Nos stratégies divergentes mènent à une concurrence destructrice pour
 l'Europe et inefficace pour nos deux pays, qui sont chacun le premier 
partenaire commercial de l'autre. On voit bien par exemple qu'une part 
des excédents commerciaux de l'Allemagne est générée par la consommation
 française, elle-même portée par l'endettement public. En revanche, la 
faible consommation outre-Rhin joue pour partie dans la dégradation de 
notre balance commerciale. J'ai la conviction que nos deux pays doivent 
impérativement faire converger leurs politiques économiques pour que 
leur croissance se fonde sur des équilibres durables. Il n'y a pas de 
modèle parfait, cette convergence doit passer par des efforts en France 
et en Allemagne.</p>
<p><strong>En France, nous sommes face à la nécessité de mener des 
réformes structurelles pour gagner en compétitivité et rééquilibrer nos 
finances</strong>. Notre voisin nous a montré que l'on pouvait faire des
 réformes importantes sans tuer le modèle social. Certes le taux de 
pauvreté a augmenté de trois points depuis près de 10 ans en Allemagne, 
mais il n'est au final qu'un point au-dessus de la France, qui n'a pas 
encore assuré la pérennité financière de son système de protection 
sociale. Je pense notamment que nous pouvons nous inspirer de certaines 
réformes allemandes, tout en continuant à lutter contre la pauvreté: le 
recul de l'âge de départ à la retraite couplé avec une augmentation du 
taux d'emploi des seniors; la progression de la retraite par 
capitalisation en complément du système par répartition; la meilleure 
responsabilisation de tous les acteurs du système de santé; la volonté 
de réduire sur la durée les dépenses publiques en associant Etat, 
collectivités locales et partenaires sociaux. De même, nous devons 
améliorer notre compétitivité, non pas en comprimant les salaires mais 
en relevant le pari de l'investissement dans l'innovation et en 
refondant notre tissu industriel. En France, nos grandes entreprises ont
 parfois tendance à capter la valeur au détriment de leurs 
sous-traitants et des PME. Il faut mieux répartir la chaîne de valeur en
 les encourageant à mieux travailler ensemble, notamment pour que les 
grandes entreprises fassent profiter les PME de leurs réseaux et de leur
 présence à l'international.</p>
<p><strong>En Allemagne, deux hypothèques majeures pèsent sur l'avenir 
du pays: la démographie en berne et la consommation affaiblie</strong>. 
Les deux sont d'ailleurs liées: plus un pays vieillit, plus 
l'anticipation du vieillissement encourage les actifs à épargner au 
détriment de la consommation. L'Allemagne pourrait prendre exemple, 
comme elle commence déjà à le faire, sur notre politique de la famille 
qui permet à la France d'avoir le taux de natalité le plus dynamique 
d'Europe avec un important taux d'activité féminin.</p>
<p>C'est seulement en rapprochant leurs politiques que France et 
Allemagne pourront sortir du jeu à somme nulle dans lequel les ont 
enfermées leurs stratégies divergentes. Au-delà de cette convergence, je
 pense que nos deux pays doivent aussi <strong>multiplier les 
partenariats industriels pour lutter ensemble face à la concurrence 
mondiale.</strong> C'est ce qui existe déjà avec EADS, qui, malgré des 
difficultés (dont le retard de l'A400M), constitue l'un des fleurons de 
l'aéronautique mondiale. L'annonce récente du lancement d'un partenariat
 entre Daimler et  Renault/Nissan va permettre aux deux groupes d'être 
plus présents sur les marchés émergents. Pourquoi nos deux pays ne 
favoriseraient-ils pas d'autres rapprochements semblables, non seulement
 entre grands groupes, mais surtout entre entreprises intermédiaires? Je
 pense ainsi que France et Allemagne pourraient mettre en place des 
initiatives communes de soutien aux PME les plus innovantes qui se 
lancent à l'export: partage des supports d'assistance tissés par les 
chambres de commerce à l'étranger, échanges de cadres entre PME des deux
 pays, aide ciblée à l'effort de Recherche et Développement des PME 
performantes, etc.</p>
<p>Alors que les pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont montré, 
en se réunissant à Brasilia le 16 avril dernier, qu'ils partagent des 
objectifs communs pour s'alimenter mutuellement dans leur dynamique de 
croissance, il est temps pour l'Allemagne et la France de résorber 
l'écart grandissant entre leurs politiques économiques et industrielles.
 Cessons de tirer parti des faiblesses de nos voisins. Cherchons à 
compenser ensemble nos handicaps, gagner des parts de marché à 
l'international et construire une croissance plus forte et plus 
équilibrée à même de maintenir notre modèle social. C'est en unissant 
nos efforts que nous pourrons offrir des perspectives de réussite à nos 
enfants. Ceux de Vincennes comme de Göttingen...</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 28 04  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Comment sauver les retraites dans un pays vieillissant ?</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>L'Allemagne a déjà réformé son système de retraites dont les caractéristiques étaient proches du nôtre.</strong>
</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que j'insiste depuis plusieurs semaines sur la nécessité de la comparaison entre la France et l'Allemagne dans les domaines politique, économique et social, une polémique voit le jour depuis que Christine Lagarde a affirmé que la politique de désinflation compétitive allemande se faisait avant tout au détriment de ses voisins européens. <strong>Cela conforte ma conviction qu'une convergence est nécessaire entre les politiques de nos deux pays, mais qu'il faut au préalable étudier en détail les différences entre nos modèles, pour voir sur quelle base avancer</strong>. Cette semaine, je vais donc poursuivre ce benchmark franco-allemand en me penchant sur la réforme des retraites.</p>
<p>Ce sujet est doublement intéressant pour nous: tout d'abord parce 
que, comme l'a annoncé le président de la République, <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.lefigaro.fr/politique/2010/03/11/01002-20100311ARTFIG00638-sarkozy-pas-de-remaniement-avant-la-reforme-des-retraites-.php"><strong>la réforme des retraites sera l'un des grands 
chantiers de l'année 2010</strong></a> dans notre pays. Ensuite parce 
que l'Allemagne a déjà réformé son système de retraites dont les 
caractéristiques étaient proches du nôtre: régime par répartition qui 
assure un fort taux de remplacement, avec un âge moyen de départ à la 
retraite proche de 60 ans, et des inégalités entre privé et public. Même
 si la démographie française est beaucoup plus dynamique, nous aurions 
tort de nous priver de l'expérience de l'Allemagne alors qu'elle a déjà 
tenté de répondre à la problématique que nous nous posons aujourd'hui: 
comment sauver un système de retraite par répartition dans un pays 
vieillissant?</p>
<h3>Plus de décès que de naissances</h3>
<p>En Allemagne, le vieillissement est beaucoup plus accentué qu'en 
France: depuis 1972, elle enregistre chaque année plus de décès que de 
naissances! Cette pression démographique l'a poussée à mener plusieurs 
réformes des retraites. Sans entrer dans les détails techniques, en 
voici les grandes lignes.</p>
<p>En 1992, l'Allemagne a adopté un système de retraite par points qui 
reste fondé sur une logique de répartition où les actifs payent les 
pensions des retraités. Dans ce système, le salarié engrange un point de
 retraite quand il gagne l'équivalent du salaire moyen annuel. Pour 
obtenir le montant de sa pension annuelle, le retraité multiplie le 
nombre de points qu'il a obtenus au cours de sa carrière par la valeur 
du point, révisée chaque année en fonction des rentrées de cotisations 
retraites et de l'évolution du salaire net moyen. Ainsi, plus le 
cotisant retarde le moment de son départ à la retraite, plus le niveau 
de sa pension est haut.</p>
<p>Par ailleurs, l'Allemagne a décidé d'appliquer un ratio prudentiel à 
ses caisses de retraites, à l'image des ratios appliqués aux banques: le
 taux des cotisations doit être calculé pour que le niveau des réserves 
de la caisse de retraites soit au moins égal, à la fin de l'année qui 
suit, à 50% des dépenses mensuelles moyennes (20% depuis 2004). Cette 
mesure a pour vertu de limiter l'endettement des caisses de retraites, 
mais entraînait mécaniquement une augmentation des taux de cotisation 
dans une population où il y a de moins en moins d'actifs pour toujours 
plus de retraités.</p>
<p>Jusqu'en 2001, l'Allemagne s'est contentée de ces réformes. Mais le 
taux de cotisation pour les retraites, également partagé entre salarié 
et employeur, ne cessait de s'accroître, passant de 17,7% en 1991 à 
19,3% en 2000. Cela détériorait la compétitivité allemande, en haussant 
le coût du travail, et accentuait le poids des retraites sur les épaules
 des actifs. Afin de conserver des caisses de retraites à l'équilibre, 
sans augmenter le coût du travail et en répartissant mieux entre 
générations le poids des retraites, l'Allemagne a alors choisi de jouer 
sur le montant des pensions et l'âge de départ à la retraite. Cette 
réforme s'est faite en trois temps:</p>
<p> </p>
<p><strong>1/</strong> <strong>En 2001, <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.senat.fr/rap/r05-439/r05-4397.html">la 
réforme Riester</a>, du nom du ministre du Travail et des Affaires 
sociales de Gerhard Schröder, a encouragé la constitution d'une épargne 
retraite complémentaire par capitalisation auprès d'organismes privés 
pour compenser la baisse du montant des pensions versées par le régime 
général</strong>. La réforme spécifie que le taux de cotisation du 
régime public ne pourra pas dépasser 20% du salaire brut d'ici à 2020 et
 22% d'ici à 2030, pour lisser dans le temps l'augmentation du coût du 
travail.</p>
<p>Cela impliquait parallèlement de diminuer le montant des prestations 
versées par le régime général. Pour ce faire, l'Allemagne a encouragé 
les salariés à convertir une fraction de leur rémunération en épargne 
dans un fonds de pension ou un régime parrainé par une entreprise. 
 L'Etat a mis en place deux mécanismes d'incitation à la capitalisation:
 soit une prime forfaitaire, majorée par le nombre d'enfants, qui 
profite particulièrement aux travailleurs pauvres pour qui la prime peut
 représenter l'apport principal à l'épargne retraite individuelle; soit 
un crédit d'impôt sur le revenu en fonction du montant de l'épargne. Le 
taux de cotisation minimal de capitalisation ouvrant droit à ces aides 
d'Etat était initialement fixé à 1% des revenus bruts, il a été 
progressivement relevé jusqu'à 4% en 2008. Parallèlement, un taux de 
remplacement minimal garanti de la pension de retraite a été instauré et
 fixé à 67% du salaire net.</p>
<p><strong>2/ En 2004, <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.connexion-emploi.com/fr/infos/59-le-systeme-de-retraite-en-allemagne">la réforme «Rurüp</a>» a créé le «facteur de viabilité»
 qui lie le niveau des pensions à l'évolution du ratio actifs/retraités:</strong>
 plus l'augmentation du nombre de retraités par rapport à celui des 
actifs est grande, moins la revalorisation des retraites est importante.
 Conséquence de la compression des pensions induite par ce ratio, le 
taux minimal garanti de remplacement a été abaissé: il devrait descendre
 jusqu'à un taux de 55% du revenu net pour l'année 2030. En cas de 
franchissement de ce palier, le gouvernement sera tenu de proposer des 
mesures pour accroître les pensions. Parallèlement à l'introduction du 
facteur de viabilité, le gouvernement Schröder a fait adopter une loi 
qui met fin d'ici à 2040 aux inégalités entre fonctionnaires dont la 
pension est soumise à 100% à l'impôt sur le revenu et les salariés du 
privé dont les pensions ne l'étaient pas. Les retraités du privé sont 
désormais imposés sur leur pension à 50% depuis 2005 et le seront à 100%
 d'ici à 2040. En contrepartie, les cotisations sociales des salariés du
 privé seront progressivement sorties du calcul de l'impôt. En clair, on
 allège ainsi la fiscalité sur les salariés et on la reporte sur les 
pensions pour inciter les Allemands à rester en activité.</p>
<p><strong>3/ Enfin en 2007, le Bundestag a voté le recul de l'âge légal
 de la retraite de 65 à 67 ans</strong>. Le recul commencera en 2010, et
 s'échelonnera par paliers successifs d'un mois puis de deux mois par an
 jusqu'en 2029. Les personnes nées en 1946 seront les dernières à 
toucher leur retraite à taux plein à 65 ans. Des décotes seront 
appliquées en cas de départ à la retraite avant l'âge légal. Toutefois, 
il est prévu que les individus ayant cotisé quante-cinq ans pourront 
encore partir à la retraite à 65 ans sans diminution de leur rente.</p>
<p><strong>Cette mesure s'accompagne d'un dispositif nommé «<em>Initiative
 50 Plus»</em>, visant à doper le taux d'emploi des seniors</strong>:</p>
<ul>
<li> Les employeurs, qui recrutent pendant au moins un an un senior au 
chômage depuis plus de 6 mois, bénéficient d'une subvention de 30 à 50% 
du coût salarial pendant au maximum 36 mois. <br />  Les quinquagénaires 
choisissant de travailler plutôt que de recevoir l'allocation chômage 
touchent une compensation partielle du manque à gagner, et davantage 
s'ils acceptent un travail moins bien rémunéré que leur précédent poste.
 Les cotisations retraites sont également subventionnées afin de 
s'élever au minimum à 90% des sommes cotisées dans l'emploi antérieur. <br />
  Les personnes de 52 ans et plus, en situation de chômage depuis au 
moins 4 mois, peuvent se voir proposer un contrat de travail temporaire 
pour une durée de 5 ans.             </li>
</ul>
<p>Quatre enseignements majeurs ressortent aujourd'hui de cette salve de
 réformes:</p>
<p><strong>1/</strong> <strong>Le financement du régime des retraites 
est assuré</strong> pour les années à venir malgré des projections 
démographiques très inquiétantes: l'Allemagne devrait perdre entre 8 et 
14 millions d'habitants d'ici à 2050.</p>
<p><strong>2/</strong> <strong>Les Allemands ont largement souscrit à 
des mécanismes de retraite complémentaire par capitalisation</strong>: 
entre 2001 et 2009, ils sont 13 millions à y avoir adhéré grâce aux 
aides «Riester».</p>
<p><strong>3/ L'emploi des seniors a considérablement augmenté</strong>:
 le taux d'emploi des 55-64 ans est passé de 38% en 2000 à près de 57% 
en 2009 (contre 46% pour la zone euro et 38% pour la France).</p>
<p><strong>4/</strong> <strong>La baisse du taux de remplacement 
appauvrit les seniors allemands qui n'ont pas souscrit à des mécanismes 
complémentaires de capitalisation</strong>: le taux de remplacement de 
la retraite nette standard, devrait tomber de 70% en 2000 à 52,2% en 
2030. Ce qui le situerait en dessous du seuil d'alerte de 55% à partir 
duquel le gouvernement est obligé d'agir pour revaloriser les 
retraites...</p>
<p>L'Allemagne a donc clairement fait le choix de sacrifier le montant 
des pensions au profit de la maîtrise du coût du travail et des déficits
 publics. En France, nous écartons la possibilité de faire baisser les 
retraites alors que le minimum vieillesse est déjà faible (il va 
augmenter de 4,7% au 1er avril 2010, à 708,96 euros par mois contre 
677,13 euros auparavant) et que notre croissance, contrairement à celle 
de l'Allemagne, repose essentiellement sur notre consommation interne. 
Mais nous pouvons nous inspirer de ce qui a été fait en Allemagne pour 
basculer vers un système par points complété par une dose de 
capitalisation ou pour repousser peu à peu l'âge de départ à la 
retraite, tout en favorisant l'emploi des seniors et en intégrant les 
différences d'espérance de vie selon les catégories professionnelles.</p>
<p>Nous n'échapperons pas, dès cette année, à une réforme d'ampleur en 
jouant sur d'autres variables que le montant des pensions. Si notre 
situation démographique est plus clémente qu'outre-Rhin (les Françaises 
ont environ 50% d'enfants de plus que les Allemandes, de ce fait notre 
voisin devrait compter moins d'habitants que la France d'ici à 2050), 
elle est financièrement plus sombre: avec 270 milliards d'euros, les 
retraites représentent notre première dépense publique. Une dépense que 
nous avons de plus en plus de mal à assumer: une retraite sur dix est 
d'ores et déjà financée par la dette. Si nous ne faisons rien, cette 
situation ne peut qu'aller en s'aggravant puisque le rapport entre 
actifs et retraités se dégrade: on compte aujourd'hui un 1,8 cotisant 
pour un retraité, 1,5 dans 10 ans et 1,2 en 2050.</p>
<p>Les parlementaires participeront bien sûr en première ligne à cette 
réflexion nationale sur l'avenir de nos retraites. Les députés UMP et du
 Nouveau Centre ont ainsi lancé un groupe de travail sur les retraites, 
que je copréside avec Pierre Méhaignerie, président de la Commission des
 Affaires sociales à l'Assemblée, et François Sauvadet, président du 
groupe Nouveau Centre. Ce groupe étudiera sans tabou toutes les 
solutions envisageables pour sauver notre système de retraites. C'est un
 défi qui nous concerne tous et nous attendons vos contributions sur le 
site que nous avons créé <strong><a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.sauvons-les-retraites.fr/">www.sauvons-les-retraites.fr</a></strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 24 03  2010 16:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pourquoi l'assurance maladie allemande est en bonne santé</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Avant de conclure notre série de chroniques sur les réformes conduites en Allemagne depuis une dizaine d'années, il est temps de s'intéresser à leur système d'assurance maladie.
</strong></p>
<p>Le légitime attachement à la qualité de notre système de santé, l'un 
des tous meilleurs au monde, ne doit pas nous faire perdre de vue que 
l'assurance maladie est structurellement <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/securite-sociale-vers-doublement-du-deficit-2009.html"><strong>en déficit</strong></a> dans notre pays (11,5 
milliards d'euros en 2009, après des déficits de 4,4 milliards en 2008, 
4,6 en 2007, 5,9 en 2006, et 8 en 2005...). Ce déficit structurel 
revient à faire payer nos dépenses de santé d'aujourd'hui par les 
générations futures. Cela est injuste alors même que nos enfants auront 
eux-mêmes à assumer des soins toujours plus perfectionnés et coûteux 
dans un contexte de vieillissement de la population. Tous les experts 
s'accordent à dire que le poids de la santé dans le PIB va 
inéluctablement continuer de progresser dans les années à venir. Ce 
n'est pas un mal en soi... aussi longtemps que notre système demeure 
viable sur le plan financier!</p>
<p>En Allemagne, malgré des différences, le système d'assurance maladie 
est assez proche du nôtre: un même modèle d'origine fondé sur <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.institutpolanyi.fr/index.php?option=com_content[&]view=article[&]id=227:les-systemes-de-sante-quatre-modeles[&]catid=63:labecedaire-du-mutualiste-[&]Itemid=75"><strong>une logique d'assurance professionnelle 
«bismarckienne»</strong></a>, une très large couverture par l'assurance 
maladie publique (90% de la population, à travers plus de 300 caisses 
différentes), des niveaux de dépenses comparables (entre 10 et 11% du 
PIB) dont plus de 75% sont à la charge de la sécurité sociale. Pourtant,
 l'assurance maladie allemande est excédentaire depuis 2004, hors 
période de crise, après avoir été longtemps déficitaire et malgré le 
vieillissement de la population. Quelle a été la recette d'un tel retour
 à l'équilibre des comptes de l'assurance maladie? S'est-il traduit par 
une dégradation de l'offre de soins?</p>
<p>Dès les années 1990, et dans la foulée de la réunification, 
l'Allemagne, confrontée à une augmentation des dépenses de santé 
(passées de 9,6% du PIB en 1992 à près de 11,2% fin 2002) et à une 
accumulation des déficits (-4,70 milliards en 1992) a été confrontée à 
un choix cornélien: laisser filer les déficits, augmenter les taux de 
cotisations au risque d'alourdir le coût du travail ou maîtriser les 
dépenses de l'assurance maladie. Comme dans tous les autres domaines, 
l'Allemagne a choisi de garantir l'équilibre financier de son régime, 
tout en préservant la compétitivité du travail.</p>
<p>C'est ainsi qu'entre 1992 et 2003, l'Allemagne a mené <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/assurance-maladie-europe/allemagne.shtml"><strong>les réformes Seehofer</strong></a>, du nom du 
ministre de la santé d'Helmut Kohl, visant à contenir l'augmentation des
 dépenses de santé. Ces réformes se sont développées en trois volets:</p>
<ul>
<li> En 1992-1993: <strong>un montant de remboursement des médicaments à
 ne pas dépasser est fixé à l'échelon régional </strong>pour l'ensemble 
des médecins et des hôpitaux. Cette mesure a conduit les médecins à 
prescrire davantage de génériques. De même, les hôpitaux négocient 
individuellement leur budget annuel. En cas de dépenses excessives, les 
établissements doivent rembourser l'année suivante 65% du dépassement. 
Dans le cas contraire, ils conservent 40% des économies réalisées.</li>
<li> En 1995-1996, le deuxième volet de la réforme instaure 
principalement la <strong>concurrence entre les caisses existantes</strong>,
 afin de pousser à la maîtrise des dépenses et des cotisations. En 
outre, un paiement forfaitaire s'applique pour les interventions 
chirurgicales et diverses réductions des prestations sont lancées (comme
 la baisse des indemnités journalières de congé maladie).</li>
<li> En juillet 1997: le principe <strong>des enveloppes globales de 
prescription est abandonné au profit d'enveloppes individuelles</strong>.
 Chaque médecin se voit désormais attribuer un budget annuel tenant 
compte du profil moyen d'activité dans sa spécialité, des conditions 
sanitaires de sa région, de sa qualification et des spécificités de ses 
clients. Par ailleurs, le ticket modérateur est augmenté et la politique
 de déremboursement de certains médicaments est poursuivie.</li>
</ul>
<p>Ces réformes sont complétées en 2001 par l'introduction <strong>d'un 
droit de substitution pour les pharmaciens</strong>, qui sont incités à 
vendre un médicament moins cher de la même classe thérapeutique, et, en 
2002, par la loi de stabilisation des taux de cotisation qui <strong>gèle
 les honoraires</strong> médicaux, des dentistes et les budgets 
hospitaliers, et réduit les marges pour les grossistes et les 
pharmaciens.</p>
<p>Malgré des effets financiers immédiats, ces réformes n'ont pas suffi à
 ramener les caisses à un équilibre pérenne, ni à empêcher la hausse des
 cotisations. Par exemple, la réforme de 1992 a entraîné un excédent de 5
 milliards en 1993, mais des déficits de 3,65 et 6,55 milliards en 1995 
et 1996. Dans le même temps, les taux de cotisations ont bondi, passant 
de 12,1% en 1991 à 14,4% en 2002. Le gouvernement Schröder a donc lancé 
dès 2003 une réforme structurelle de l'assurance maladie autour de trois
 axes principaux :</p>
<p><strong> Responsabiliser les patients en augmentant la part non 
prise en charge: </strong>les tickets modérateurs sont augmentés pour 
les médicaments (10% du prix, pour un montant par médicament compris 
entre 5 et 10 euros) et les soins hospitaliers (le forfait passe de 9 à 
10 euros par jour, pour une limite de 28 jours). Une «taxe de cabinet» 
de 10 euros, versée une seule fois par trimestre pour une pathologie 
donnée est également introduite. Comme en France, le médecin généraliste
 se voit accorder un rôle central, selon le principe du «médecin 
traitant».</p>
<p><strong> Financer certaines prestations</strong> <strong>par des 
assurances complémentaires privées ou par l'impôt</strong>. Les 
médicaments ne nécessitant pas d'ordonnance ne sont plus pris en charge à
 l'exception de ceux prescrits aux enfants de moins de 12 ans. Même 
certains médicaments de prescription obligatoire ne sont plus couverts 
(antalgiques pour syndromes grippaux et rhumes, laxatifs...). Ne sont 
plus pris en charge des médicaments visant à une amélioration de la 
qualité de vie (pour l'obésité et les dysfonctionnements érectiles, par 
exemple). Enfin, un certain nombre de prestations sont financées par une
 hausse de la taxe sur les tabacs: les indemnités et soins liées à la 
grossesse, l'IVG...</p>
<p><strong> Optimiser le fonctionnement global du système:</strong> la 
loi crée un Centre pour la qualité de la médecine qui regroupe 
l'ensemble des acteurs du secteur de la santé (représentants des 
caisses, des médecins, des hôpitaux et des patients). Il est chargé <strong>d'améliorer
 la transparence du système d'assurance maladie</strong> et de classer 
les médicaments en fonction de leurs caractéristiques thérapeutiques.</p>
<p>Conséquence directe de cette réforme: dès 2004, l'assurance maladie 
devient excédentaire de plus de 4 milliards d'euros. La volonté de 
responsabiliser les assurés semble avoir porté ses fruits: on peut noter
 une baisse des consultations médicales (-10% environ pour le premier 
trimestre 2004) et des prescriptions de médicaments (-27% pour les 
quatre premiers mois de l'année 2004). Mais dès 2005, les dépenses de 
santé repartaient à la hausse, essentiellement en raison de la hausse 
des dépenses en médicaments (+16,3%).</p>
<p>À partir de 2005, une «carte vitale» a été mise en place. Elle permet
 notamment d'envoyer aux patients une facture leur détaillant le coût 
réel de leurs dépenses de santé, dans l'optique d'une prise de 
conscience de la population. Un plan de maîtrise du médicament, entré en
 vigueur en 2006, a permis d'économiser 1 milliard d'euros. Il gelait 
jusqu'en mars 2008 le prix des médicaments remboursables et adoptait une
 définition plus restreinte des médicaments «apportant un progrès 
thérapeutique». Il avait également réduit de 10% le prix des médicaments
 génériques. En 2006, le redressement de la situation financière de 
l'assurance maladie allemande s'est poursuivi avec un excédent de 1,7 
milliard d'euros, comparable à celui de 2005.</p>
<p>Grâce à ce redressement financier, le gouvernement Merkel a pu 
introduire en 2007 une  <strong>couverture maladie universelle </strong>alors
 qu'au moins 200.000 personnes ne bénéficiaient d'aucune couverture 
santé (chômeurs de longue durée, non salariés...). La couverture santé 
des enfants est aussi gratuite depuis 2008. La rationalisation de la 
gestion s'est également poursuivie, en misant sur l<strong>'augmentation
 de la concurrence entre les caisses d'assurance maladie publiques et 
privées</strong>.<strong> </strong>Les caisses d'assurance maladie 
privées ne peuvent désormais plus refuser d'assurer une personne 
éligible aux conditions de libre assurance. <strong>Un fonds pour la 
santé</strong> a été créé. Il est financé en grande partie par les 
cotisations et partiellement par l'impôt. Les assurés de l'ensemble des 
caisses publiques versent une même contribution, ramenée de 15,5% en 
moyenne à 14,9%, et l'Etat redistribue les fonds aux caisses publiques, à
 raison d'un montant fixe par assuré. Sans cette mesure, du fait de la 
crise économique, certaines caisses auraient été contraintes de relever 
leur taux de cotisation à 17%, voire plus.</p>
<p>Entre 2004 et 2008 l'assurance maladie a été chaque année 
excédentaire. Seule la baisse des recettes pendant la crise a entraîné 
un déficit de 2,48 milliards d'euros l'année passée. Ces réformes n'ont 
manifestement pas entraîné une dégradation de la qualité des soins ou de
 la santé des Allemands. A titre d'information, leur espérance de vie à 
la naissance en 2008 était de 77,2 ans pour les hommes et de 82,5 ans 
pour les femmes (en France métropolitaine: 77,2 et 84,4). Les dépenses 
de santé ont d'ailleurs continué à augmenter en Allemagne passant de 
10,3% du PIB en 2000 à 10,5% en 2008 tandis que les dépenses publiques 
de santé sont passées de 79,7% en 2000 à 76,9% en 2008. Cela signifie 
donc qu'une partie du coût de la santé a été transférée de l'assurance 
maladie vers les ménages et les assurances privées.</p>
<p>De ces réformes allemandes étalées sur 15 ans, quels enseignements 
pouvons-nous tirer en France?</p>
<p><strong>1/</strong> L'avenir de notre système de santé passe par <strong>une
 considération renforcée pour les acteurs du monde médical et une 
responsabilisation accrue de chacun</strong>: médecins, hôpitaux, 
patients, pharmaciens... Pour reprendre un slogan connu: la santé n'a 
pas de prix, mais elle a un coût. Je pense qu'il est indispensable de 
mener une opération vérité sur le coût des soins. Non pas pour 
culpabiliser mais pour responsabiliser. A cet égard je trouve très 
intéressantes les initiatives qui visent à informer les patients du coût
 des soins reçus et la création d'un Centre pour la qualité de la 
médecine chargé de décider de certaines grandes inflexions dans le 
domaine de la santé et qui rassemble représentants des caisses, médecins
 et patients est une avancée majeure.</p>
<p><strong>2/ Nous devons faire le point régulièrement sur ce qui doit 
relever de la solidarité nationale et donc de l'assurance maladie d'une 
part, et ce qui relève de la responsabilité individuelle et des 
complémentaires santé d'autre part.</strong> C'est évidemment un sujet 
très délicat mais nous devons absolument avoir ce débat avec tous les 
Français et le monde médical, en étant conscients que la solidarité 
nationale ne peut pas tout financer...</p>
<p><strong>3/ Nous devons poursuivre en permanence les efforts pour 
optimiser la gestion.</strong> Pour garantir une offre de soins large et
 performante, il faut maîtriser au mieux les dépenses de structure, de 
gestion, notamment à l'hôpital et dans l'assurance maladie. La récente 
loi Hôpital-Patients-Santé-Territoires, avec notamment la création des<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000146/index.shtml"><strong> Agences régionales de santé</strong></a>, 
s'inscrit dans cette logique. Il faut continuer cette recherche 
d'efficacité.</p>
<p><strong>4/</strong> Plus largement, nous devons vivre une révolution 
copernicienne dans notre rapport à la santé: en France, <strong>nous 
sommes souvent dans le tout curatif et peu dans la prévention</strong>. 
Le meilleur moyen de préserver la santé des citoyens tout en limitant 
nos dépenses est bien de tout faire pour qu'ils ne tombent pas malades. 
Dans ce domaine, nous avons beaucoup à faire. Je pense notamment à la 
santé au travail: en France, les citoyens arrivent à la retraite 
physiquement et psychologiquement plus fatigués que dans les pays 
scandinaves où la prévention au travail est beaucoup plus développée.</p>
<p><strong>L'objectif d'une réforme de notre système de santé n'est pas 
de réduire les dépenses de santé. Celles-ci vont augmenter dans les 
années à venir.</strong> C'est une évidence. Mais nous devons optimiser 
la gestion des dépenses pour ne pas gâcher des ressources rares. 
Surtout, nous devons garantir un financement viable à long terme pour 
que les générations actuelles assument leurs dépenses de santé sans 
sacrifier le droit qu'ont les générations à venir de bénéficier des 
mêmes chances que nous. <strong>D</strong><strong>ans un pays moderne, 
l'accès à la santé pour tous, notamment les plus modestes, est un droit 
que nous devons garantir. Donnons-nous les moyens de pouvoir financer 
cette exigence!</strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 15 04  2010 18:05:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Grand succès du forum sur la dette publique</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Le
premier des cinq grands forums de Génération France.fr pour préparer 2012, qui
s'est tenu mardi 6 avril, a été l'occasion d'un échange approfondi sur le défi
de la dette publique. </strong><strong><a title="Les propositions que nous avons développées pour redresser 
les finances publiques de notre pays" href="tl_files/pdf/propositions-forum-sur-la-dette-6-avril-2010.pdf" onclick="window.open(this.href); return false;"></a></strong></p>
<ul>
<li><strong><a title="Les propositions que nous avons développées pour redresser 
les finances publiques de notre pays" href="tl_files/pdf/propositions-forum-sur-la-dette-6-avril-2010.pdf" onclick="window.open(this.href); return false;">Découvrez 
 les propositions que nous avons développées pour redresser les finances
 publiques de notre pays. </a></strong></li>
</ul>
<p><strong><br /></strong></p>
<p>Je
remercie chacun des intervenants : </p>
<p>-
<strong>François Baroin</strong>, ministre du Budget et des Comptes publiques, qui nous a
réservé sa première allocution publique depuis son entrée en fonction,</p>
<p>-
<strong>Gilles Carrez</strong>, rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale, </p>
<p>-
<strong>Jacques Delpla</strong>, économiste, </p>
<p>-
<strong>Thomas Gäckle</strong>, conseiller spécial sur les questions budgétaires et fiscales au
groupe CDU-CSU du Bundestag, </p>
<p>-
<strong>Jean-Marie Le Guen</strong>, député PS de Paris, </p>
<p>-
<strong>Jean Leonetti</strong>, député-maire d'Antibes, Vice-Président du groupe UMP à
l'Assemblée nationale, </p>
<p>-
<strong>Pierre Méhaignerie</strong>, président de la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée
nationale, </p>
<p>-
<strong>Marie-Anne Montchamp</strong>, députée du Val-de-Marne et membre de la commission des
Finances de l'Assemblée, </p>
<p>-
<strong>Michel Piron</strong>, député du Maine-et-Loire et animateur de l'atelier Performance
Publique de Génération France.fr, </p>
<p>Mes
remerciements vont également aux nombreux parlementaires présents, à tous les
participants ainsi qu'aux membres de Génération France.fr et aux experts qui
nous ont aidés à préparer des propositions audacieuses et courageuses.</p>
<p>Pour
tous ceux qui n'ont pas pu assister à la réunion en raison du nombre de places
limitées, vous retrouverez bientôt sur ce site la vidéo de la soirée.</p>
<p>Le
prochain grand forum, au mois de juin, sera consacré au thème « Travailler
mieux pour gagner plus ensemble ». Vous pouvez déjà m'envoyez vos
contributions.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 05 04  2010 17:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pour un nouveau pacte majoritaire</title>
<description><![CDATA[<p>Lors des élections 
régionales, la droite républicaine a atteint <a href="http://regionales2010.slate.fr/article/5655/abstention-succes-gauche-defaite-droite-lecons-scrutin/"><strong>un
 niveau historiquement bas</strong></a> tandis que l'abstention s'est 
envolée et que l'extrême droite a repris du poids dans plusieurs 
régions. Voilà des réalités qu'il est dangereux d'ignorer. Quand plus de
 43 millions de Français sont appelés le même jour dans les mairies et 
les écoles de notre pays pour remplir leur devoir civique, le verdict 
n'est jamais anodin, qu'ils votent ou qu'ils s'abstiennent !</p>
<p><strong>Cette défaite sévère impose à ma famille politique une 
exigence de lucidité. </strong>Notre devoir est de tirer dès aujourd'hui
 toutes les leçons de ce scrutin pour répondre aux attentes des Français
 et regagner au plus vite leur confiance. Même si les régionales sont 
des élections locales, les Français ont saisi cette occasion pour 
envoyer un message fort à la majorité présidentielle. Beaucoup de 
Français qui nous avaient rejoints en 2007 n'étaient plus à nos côtés 
ces deux derniers dimanches. Ils n'ont pas cherché à manifester leur 
soutien à une opposition, dont on ne connaît pas les propositions. Ils 
ont voulu exprimer leurs inquiétudes au coeur d'une crise économique sans
 précédent<strong> </strong>depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils nous 
ont aussi fait part d'une déception<strong> </strong>que les 
parlementaires percevaient sur le terrain depuis plusieurs mois.</p>
<p>Les électeurs de droite et du centre<strong>, </strong>et tous ceux 
qui espèrent pour la France un avenir meilleur,<strong> </strong>nous 
demandent de renouer avec la dynamique positive de la dernière 
présidentielle. Pour répondre à leurs attentes et préparer cet avenir, 
les parlementaires UMP proposent de <strong>fonder un nouveau pacte 
majoritaire</strong>. Ce pacte devra mobiliser tous les députés et 
sénateurs de notre famille politique autour du Président de la 
République. Nous nous réunissons lundi 29 mars pour travailler sur les 
termes de ce nouveau pacte, lors d'un séminaire exceptionnel avec le 
Premier ministre. <strong>Voilà</strong> <strong>les trois piliers sur 
lesquels ce pacte devrait se fonder.</strong></p>
<p> </p>
<h3>Premier pilier: les réformes vitales pour l'avenir, les retraites et
 le redressement des finances publiques.</h3>
<p>L'espérance de vie s'allonge en France, c'est une très bonne 
nouvelle! Mais elle suppose aussi que nous travaillions plus longtemps 
pour garder un équilibre soutenable entre actifs et retraités. Ceux qui 
défendent la retraite à 60 ans comme un droit sacro-saint ne font qu'une
 chose: ils sabotent le régime par répartition en le rendant 
«infinançable». Il leur reviendra d'expliquer aux nouvelles générations 
qu'elles devront payer plus pour payer les retraites de leurs aînés sans
 être sûres d'y avoir droit lorsque viendra leur tour... Pourquoi la 
France serait le seul pays où l'on ne vaudrait plus rien sur le marché 
du travail après 60 ans?</p>
<p>La réforme doit aussi être l'occasion de faire converger les régimes 
du public et du privé, pour que les Français soient égaux devant la 
retraite! Cette exigence de justice passe enfin par la prise en compte 
des différences d'espérance de vie selon les catégories 
professionnelles.</p>
<p>Plus largement, <strong>c'est l'ensemble des causes de l'endettement 
public -1.500 milliards d'euros!-, que nous devons combattre au sein de 
l'Etat mais aussi dans les collectivités locales et dans notre système 
de protection sociale</strong>. C'est une urgence car nous courons le 
risque d'une overdose d'endettement public dont les conséquences 
seraient encore plus graves que la crise que nous traversons 
aujourd'hui.</p>
<p>En période de récession, il est normal de faire appel à la dépense 
publique pour amortir les chocs et investir dans l'avenir. Mais <strong>la
 France doit dégager des économies pour réduire la dépense inutile dès 
maintenant et se fixer une règle constitutionnelle de retour à 
l'équilibre</strong>. En plus de réformes structurelles comme la fusion 
des conseils régionaux et départementaux, il faudrait réfléchir à <strong>un
 pacte de stabilité interne entre l'Etat et les collectivités pour 
encadrer l'évolution des dépenses locales.</strong> Pour ce qui concerne
 l'assurance maladie, nous devons encore trouver des marges de manoeuvre 
grâce à une meilleure organisation des soins, à l'hôpital comme dans la 
médecine de proximité.</p>
<h3>Deuxième pilier: pour sortir de la crise, il faut remobiliser toutes
 les énergies au service de l'emploi, de la compétitivité et de la 
justice sociale.</h3>
<p><strong>La première priorité, c'est la formation pour assurer 
l'employabilité des salariés et la reconversion des demandeurs d'emploi.
 </strong>Il est temps de faire de Pôle Emploi une machine de guerre 
contre le chômage, capable d'accompagner les chômeurs vers les gisements
 de croissance, à travers des formations adaptées, des incitations 
financières à la reconversion dans les secteurs porteurs et, si 
nécessaire, des contraintes renforcées.</p>
<p><strong>La seconde priorité, c'est la refonte de notre tissu 
industriel</strong>. Notre principal handicap est l'absence de ces 
grosses PME qui font la force de l'Allemagne. Il est donc nécessaire de 
privilégier <strong>le soutien à ces entreprises</strong>. Cela passe 
par un meilleur accès au financement ainsi qu'aux dispositifs d'aide à 
l'export et par un relèvement expérimental des seuils sociaux pour lever
 les freins à l'embauche... L'administration doit ne pas être un frein 
mais se plier en quatre pour les aider à grandir, à innover, à 
embaucher, à exporter!</p>
<p><strong>Il est un secteur vital pour notre économie qui traverse une 
crise dramatique: l'agriculture</strong>. Notre pays doit tout faire 
pour redonner du dynamisme à une France rurale trop souvent délaissée, 
et renforcer notre filière agroalimentaire qui est un fleuron de 
l'économie française à l'international. Il est hors de question de 
laisser démanteler notre agriculture, au nom d'une dérégulation 
européenne à contre-courant des politiques menées dans toutes les 
régions du monde.</p>
<p><strong>Le coût du travail reste également une question majeure</strong>.
 Plus que jamais, il faut promouvoir la taxe carbone aux frontières de 
l'Europe pour que le coût écologique soit intégré dans les produits 
importés depuis des pays qui ne font aucun effort contre la pollution. 
De même, il serait intéressant d'ouvrir un débat sans a priori sur le 
principe d'une TVA anti-délocalisation qui, pour mieux protéger nos 
emplois, transférerait une partie du coût de la protection sociale des 
salaires vers la consommation.</p>
<p><strong>Ce renforcement de la compétitivité est indispensable pour 
l'avenir de la France, mais il ne pourra pas se faire au mépris de la 
justice sociale</strong>. La mondialisation ne doit pas être le prétexte
 pour que les Français qui ont réussi se défaussent de leurs 
responsabilités à l'égard des Français les plus modestes. Les Français 
forment une même communauté nationale, où le succès des uns doit 
rejaillir sur l'ensemble et ne pas se faire au détriment des autres.</p>
<h3>Troisième pilier : nous ne devons pas transiger sur les valeurs 
fondamentales de la République auxquelles les Français sont fermement 
attachés</h3>
<p><strong>La sécurité reste une exigence des Français. Pour le 
politique, c'est une mission préalable à toutes les autres</strong>: 
sans jamais remettre en cause les libertés publiques, ce combat doit 
rester une priorité et s'adapter en permanence aux nouvelles formes de 
violence. Il faut s'appuyer sur les maires, pour tenir compte des 
réalités du terrain, développer des dispositifs de vidéoprotection 
adaptés et impliquer tous les acteurs concernés: police, justice, 
éducation nationale, bailleurs sociaux... mais aussi secteur associatif 
et familles.</p>
<p>Les enfants du XXIe siècle ne naissent pas plus violents que ceux du 
XXe. <strong>La délinquance des mineurs signe d'abord un échec éducatif 
des adultes.</strong> Il est temps d'inventer de nouveaux dispositifs 
pour responsabiliser davantage les parents qui sont les premiers 
éducateurs. Au-delà des sanctions financières, cela doit notamment 
passer par un accompagnement personnalisé des familles en difficulté. A 
nous de faire preuve d'audace et d'imagination pour aider les familles à
 mieux remplir leur mission au service de la société et de 
l'épanouissement de chacun.</p>
<p><strong>Il est un autre combat pour lequel je refuse aussi de 
capituler : le combat pour une France rassemblée, fière de son passé, de
 ses valeurs, ouverte sur le monde et porteuse d'un projet partagé. </strong>Chaque
 jour, je sens des tensions très fortes qui fragilisent notre communauté
 nationale. Le déroulement du débat sur l'identité nationale en a été 
une illustration évidente. Qui peut se satisfaire d'une France où les 
centres-villes et les périphéries s'ignorent, où des fissures se 
creusent entre les citoyens selon leurs origines ou leurs convictions, 
où les femmes ne sont pas considérées, où les générations ne partagent 
plus que de l'argent? Concilier l'unité et la diversité a toujours été 
le grand défi de la France: chaque Français a sa place dans notre pays 
et doit être respecté pour ce qu'il est tout en assumant les efforts 
indispensables au bien commun.</p>
<p>Pour donner corps à cet engagement individuel au service du 
collectif, la majorité a créé un service civique volontaire. <strong>Il 
me semble opportun d'aller plus loin en réfléchissant à la mise en place
 d'un service civique obligatoire pour chaque jeune Français</strong>.</p>
<p>Ce combat pour les valeurs nécessite aussi de ne pas transiger quand 
des extrémistes remettent en cause les fondements de notre République. 
Par exemple, en France, le port du voile intégral est inacceptable. Je 
me félicite de savoir que le Président de la République proposera une 
interdiction de cette pratique. C'est une question de dignité des 
femmes, un impératif de sécurité publique et une condition du 
vivre-ensemble.</p>
<p><strong>Voilà trois rendez-vous que le nouveau pacte majoritaire doit
 honorer en s'appuyant d'abord sur les membres de la majorité 
présidentielle</strong>. Cela ne doit pas empêcher la majorité de tendre
 la main à la gauche pour travailler ensemble sur certains sujets. Je 
pense en particulier à la réforme des retraites, même si la volte-face 
de Madame Aubry sur le report de l'âge légal de départ après 60 ans me 
laisse perplexe.</p>
<p>Il reste deux ans pour obtenir des résultats. Sans attendre, 
l'ensemble des parlementaires de la majorité veut se mobiliser pour 
repartir de l'avant et mieux capitaliser sur les atouts de la France 
afin de préparer l'avenir de nos enfants.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Sun, 28 03  2010 17:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Les leçons du modèle allemand en matière d'emploi</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pour construire la politique de convergence franco-allemande que j'appelle de mes voeux ; il est capital d'élaborer en amont une comparaison précise des forces et faiblesses de nos deux pays. Après avoir étudié les <a href="index.php/edito_generation_france/items/france-allemagne-il-est-temps-de-faire-converger-nos-politiques-industrielles.html">ressorts du décrochage industriel français par rapport à l'Allemagne</a>, voici quelques enseignements à tirer des réformes du marché du travail outre-Rhin.


</p>
<p>Le marché du travail allemand a été bouleversé par <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.google.fr/url?sa=t[&]source=web[&]ct=res[&]cd=4[&]ved=0CBgQFjAD[&]url=http%3A%2F%2Fwww.politiquessociales.net%2FPolitique-du-travail-et-de-l%2C11[&]ei=E7iXS66fFqj00gT5heXyCw[&]usg=AFQjCNEarMELUDplsZ4w6jND9rPIOBvSkg[&]sig2=0zMmMVhrWdNh7okRDxA8hg"><strong>les lois Hartz</strong></a>, promulguées entre 2003 et 
2005, par la majorité social-démocrate. Ces lois visant à assouplir le marché du 
travail et à augmenter la pression à la reprise d'un emploi, ont été abondamment 
critiquées en France comme en Allemagne. Certains ont parlé de régression ou de 
<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.liberation.fr/economie/0101619555-les-minima-antisociaux"><strong>darwinisme social,</strong></a> on a même largement évoqué 
les problèmes judiciaires et extraconjugaux de Peter Hartz, DRH de Volkswagen à 
l'origine des lois, pour discréditer les réformes. Au-delà de l'émotion 
compréhensible que ces changements ont causé, je crois qu'il est temps d'établir 
un premier bilan des lois Hartz en répondant, sans idéologie ni tabou, à cette 
question: l'emploi a-t-il bénéficié de ces réformes? Et si oui, est-ce au 
détriment de la lutte contre la pauvreté?</p>
<p>Le gouvernement Schröder a posé un constat en 2003: le chômage allemand, en 
particulier de longue durée, est structurellement plus élevé que la moyenne dans 
l'OCDE (10.5% en 2003, 12% en 2005, contre respectivement 8,5% et 9% en France). 
Plusieurs faiblesses allemandes ont été invoquées: une politique de l'emploi 
trop passive -favorisation des préretraites-, un marché peu flexible -l'emploi 
intérimaire était très peu utilisé (en 2004 il représentait 1,1% de l'emploi 
salarié contre environ 2,5% en France)- et création de trappes à inactivité pour 
les chômeurs non qualifiés. Pour faire durablement revenir le chômage en dessous 
de la barre des 10%, Peter Hartz a choisi d'appliquer une révolution 
copernicienne au marché du travail allemand: plutôt que de constituer un 
amortisseur social ultra-protecteur, le système d'aide va désormais associer aux 
droits des chômeurs des devoirs exigeants pour pousser à tout prix au retour à 
l'activité. Le but principal des réformes Hartz est ainsi de créer un nouveau 
secteur d'emplois tertiaires peu payés pour des salariés faiblement qualifiés 
afin de réintégrer la majorité des chômeurs de longue durée dans le marché du 
travail.</p>
<p>Ces réformes drastiques ont été déclinées en quatre lois, successivement 
entrées en vigueur entre 2003 et 2005. Trois virages majeurs ont été 
impulsés :</p>
<p><strong>1/ Une refonte du service de l'emploi pour améliorer les services 
proposés aux chômeurs</strong>: création des «job centers» qui regroupent en un 
guichet unique, bureaux d'aide sociale et agence pour l'emploi des länders. 
Auprès de ces «job centers» des entreprises privées, appelées agences de 
placement personnel (PSA), s'engagent à trouver des missions d'intérim pour les 
chômeurs. <br /><strong>2/ Un accroissement de l'offre des petits boulots pour 
encourager le travail à bas salaire plutôt que l'inactivité: </strong>les 
minijobs, en deçà de 400 euros, sont exonérés de charges sociales mais le 
salarié ne bénéficie plus de couverture sociale. Les «midijobs» entre 400 et 800 
euros sont soumis à des cotisations salariales selon un taux progressif et 
donnent droit à une protection sociale complète. Enfin, des «job à 1 euro» ont 
été créés: ce sont des travaux d'utilité publique dédommagés à hauteur de 1 à 2 
euros par heure et dont l'objectif est de permettre aux personnes désocialisées 
de renouer un contact avec une vie sociale et professionnelle.<br /><strong>3/ Un 
durcissement des conditions d'indemnisation du chômage:</strong> réduction des 
délais de présentation à l'agence pour l'emploi, réduction à deux ans de la 
période de référence de calcul des indemnités de chômage, réduction à 18 mois de 
la durée maximum de bénéfice de l'assurance chômage (contre 32 mois auparavant) 
et fusion des minima sociaux avec l'allocation chômage au-delà de ces 18 mois. 
Désormais, les allocataires ayant épuisé leurs droits d'indemnisation chômage 
peuvent recevoir une forme de RMI forfaitaire, l'allocation «chômage II», 
fonction du nombre de personnes à charge dans le ménage. Au contraire, dans 
l'ancien dispositif d'assistance, les allocataires ayant épuisé leurs droits à 
l'assurance chômage percevaient une allocation d'assistance proportionnelle à 
leur ancien salaire net. Pour pouvoir prétendre aux allocations d'assistance, 
chaque ménage doit compter au moins une personne apte à travailler. Toutes les 
offres d'emplois sont jugées «acceptables», si la rémunération n'est pas 
«contraire aux bonnes moeurs», et même si elle est inférieure aux conventions 
collectives de branche. Le nouveau système en vigueur ne garantit plus le statut 
professionnel des demandeurs d'emploi, qui sont contraints d'accepter un travail 
même s'il ne correspond pas à leurs qualifications et diplômes. </p>
<h3>Bilan: un chômage en baisse</h3>
<p>Cinq ans après l'entrée en vigueur des lois Hartz, un constat macroéconomique 
s'impose: malgré la crise, entre 2005 et début 2010, le chômage en Allemagne est 
passé de 12% à 8,2%. Dans le même temps, en France, il a augmenté de 9% à 10%. 
Alors que, dans les années 1990 et 2000, le chômage allemand était 
structurellement supérieur au chômage français, la tendance s'est depuis 
inversée. Les différentiels de croissance n'expliquent pas à eux seuls ce 
croisement de nos courbes de chômage. Certes, entre 2006 et 2008, l'Allemagne a, 
chaque année, enregistré un point de croissance de plus que notre pays. Cette 
activité supplémentaire a créé des emplois. Mais, en 2009 la croissance 
allemande a chuté de 5% contre -2,2% pour la France, soutenue notamment par le 
plan de relance. Sur la période 2005-2010 qui nous intéresse, France et 
Allemagne font donc globalement jeu égal en termes de croissance. Cela signifie 
donc bien, qu'au-delà de la croissance, les lois Hartz ont eu un impact sur 
l'emploi. Par exemple, l'emploi intérimaire, quasi inexistant en 2004, a doublé 
pour toucher aujourd'hui plus de 2% des actifs. De même, les petits boulots sont 
pour la plupart sortis de l'économie souterraine pour être désormais reconnus et 
encadrés par la loi: les minijobs sont ainsi passés de 4,1 millions en 2002 à 
plus de 7 millions en 2007.</p>
<h3>Le coût social</h3>
<p>Mais ces mesures drastiques ont eu un coût social. En 2008, 14% de la 
population allemande vivait en dessous du seuil de pauvreté, soit 11,5 millions 
de personnes, contre 10% en 2000. Cette fois-ci, c'est l'Allemagne qui a 
décroché par rapport à la France, passée de 16% de la population en dessous du 
seuil de pauvreté en 2000, à 13,4% en 2007. L'explosion des minijobs à 400 euros 
a accru le nombre de «travailleurs pauvres» parmi les Allemands les moins 
qualifiés.</p>
<p>Par ailleurs, dans un arrêt du 9 février 2010 qui faisait suite à plus de 
194.000 plaintes enregistrées en 2009,  la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a 
jugé que l'allocation chômage II -dont bénéficient 6,7 millions de personnes- 
était incompatible avec <em>«le droit à une existence digne»</em>.  La Cour a 
notamment dénoncé le fait que le barème pour les enfants ne soit qu'un 
pourcentage (de 60 à 80%) de l'allocation pour adultes et ne tienne pas compte 
de leurs <em>«besoins spécifiques»</em>: couches pour nourrissons, matériel 
scolaire... La Cour a donné au gouvernement jusqu'au 31 décembre 2010 pour 
modifier le mode de calcul des allocations, une augmentation des prestations 
pourrait coûter jusqu'à 10 milliards d'euros par an. Enfin, est-ce normal qu'un 
chômeur qui a fait le choix d'accepter un minijob mal rémunéré ne bénéficie en 
contrepartie que d'une très faible couverture sociale?</p>
<p>Les lois Hartz ont donc permis de faire descendre le taux de chômage au prix 
d'un accroissement de la précarité. En France, nous avons fait le choix 
inverse : conserver une protection sociale universelle au détriment d'une 
flexibilisation du marché de l'emploi. Faut-il vraiment choisir entre la lutte 
pour l'emploi ou la lutte contre la pauvreté?</p>
<h3>Objectif: la flexsécurité</h3>
<p>Les divergences franco-allemandes sur ce sujet illustrent toute la difficulté 
à trouver un juste équilibre entre libéralisation du marché du travail et 
protection des personnes. En France, des réformes importantes ont été lancées en 
2009 pour soutenir les chômeurs dans leur recherche d'emploi -avec la fusion 
ANPE Assedic dans l'ensemble Pôle emploi- et pour inciter au retour à l'activité 
avec la création du RSA, avec le statut de l'auto-entrepreneur... Il est trop 
tôt pour en tirer un bilan, mais elles semblent aller dans le sens de cette 
fameuse «flexsécurité» qui reste un objectif à atteindre. Des améliorations 
doivent être apportés à notre système pour renforcer l'équilibre entre les 
droits et les devoirs. Je pense par exemple qu'il serait bénéfique:</p>
<p><strong>1/ D'anticiper les fins de contrats: </strong>ne pas attendre que le 
licenciement soit effectif ou que les salariés en contrat à durée déterminée 
soient en fin de contrat pour commencer à les accompagner. Cela permettrait 
d'anticiper les recherches et donc de réduire la période de battement entre deux 
postes.<br /><strong>2/ De stimuler le retour rapide à l'emploi à l'aide d'une 
prime: </strong>pour avoir un système plus incitatif, on pourrait verser une 
«prime pour retour rapide à l'emploi». Elle pourrait représenter un certain 
nombre de mois d'indemnisation non consommés. Le montant de la prime dépendrait 
du délai de retour à l'emploi et du profil du demandeur d'emploi. Elle tiendrait 
compte de la durée moyenne de retour à l'emploi pour un demandeur d'emploi de 
même profil.  <br /><strong>3/ D'inciter à la reconversion dans les secteurs 
porteurs: </strong>au bout de 18 mois de chômage, Pôle emploi devrait 
contraindre un demandeur d'emploi à choisir une formation qualifiante qui 
correspond aux besoins économiques dans son bassin d'emploi. A l'inverse, on 
pourrait<strong> </strong>créer une prime pour les chômeurs qui suivent une 
formation qualifiante dans un secteur en pénurie de main d'oeuvre dans leur 
bassin d'emploi. Cette prime pourrait être l'équivalent d'un mois 
d'indemnisation supplémentaire.<br /><strong>4/ D'encourager les titulaires de 
minima sociaux en marge du marché du travail à effectuer des travaux d'intérêt 
général sous la houlette des collectivités locales et en liaison avec le secteur 
associatif: </strong>cela pourrait leur permettre de renouer du lien social et 
d'envisager à nouveau de chercher du travail.<br /><strong>5/ De rabaisser le 
plafond d'allocation chômage: </strong>c'est en France que l'on peut bénéficier 
du montant d'allocation le plus élevé: 5.642,90 euros. C'est plus de deux fois 
supérieur à l'allocation maximale allemande, et quasiment trois fois plus qu'au 
Danemark, pourtant cité comme le modèle de référence de la «flexsécurité». </p>
<p>S'il ne faut pas réformer notre marché du travail sur l'exemple des lois 
Hartz, nous devons poursuivre notre réflexion, à la lumière des leçons du modèle 
allemand, pour parvenir au plus vite à un système qui sécurise au mieux les 
parcours professionnels tout en incitant au travail.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Fri, 12 03  2010 16:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>France-Allemagne :  Il est temps de faire converger nos politiques industrielles</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J'ai la profonde conviction que la France et l'Allemagne ont tout intérêt à
affronter ensemble les défis du 21ème</p>
<p style="text-align: justify;">
 siècle. Plutôt
que de pratiquer une concurrence fratricide sur des marchés à
faible croissance, il est temps de construire une politique de
convergence de nos deux pays, afin de faire le poids face aux géants
asiatiques et américains. 
</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l'instant, malgré
la monnaie unique, nos politiques économiques ont trop divergé. La
France a surtout misé sur le moteur de la demande, stimulant les
exportations de son premier partenaire commercial, l'Allemagne,
tandis qu'outre-rhin, on faisait le choix inverse en jouant la
carte de la désinflation compétitive. Depuis le début des années
2000, cela a permis aux Allemands de renforcer l'emploi industriel
et de gagner des parts de marché - en 2002, l'Allemagne a dépassé
la France en parts de marché mondiales. Cette politique s'est
notamment faite au détriment du pouvoir d'achat des Allemands et
donc la consommation intérieure, ce qui a bien entendu pesé sur nos
exportations vers l'Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le domaine de
l'industrie, deux phénomènes particulièrement marquants montrent
un décrochage de notre pays face à l'Allemagne: 
</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>
<p align="JUSTIFY">premièrement, en
	proportion, l'emploi industriel allemand a dépassé l'emploi
	industriel français en 2005, alors qu'il lui était bien
	inférieur dans les années 1990 ; 
	</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">deuxièmement,
	depuis 2001, le solde commercial français est devenu largement
	négatif alors que celui de l'Allemagne est en pleine expansion :
	en 2007, le solde commercial en points de PIB était ainsi de -2%
	pour la France et de près de +8% pour l'Allemagne. De même, la
	part des exportations françaises sur les exportations allemandes a
	chuté de près de 20 points entre 1999 et 2008, passant de 56% à
	37%. 
	</p>
</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Il ne s'agit pas
d'idéaliser notre voisin et de sombrer dans l'autodénigrement.
La France a des atouts que les Allemands nous envient. Par exemple,
nos grandes entreprises se classent mieux que les allemandes :
en 2008, 31 entreprises françaises faisaient partie du top 500 des
entreprises mondiales (pour une capitalisation totale de 1735
milliards de dollars), contre 22 entreprises allemandes (1200
milliards de dollars). Dans un autre domaine, la démographie,
l'Allemagne s'intéresse à nos politiques : notre natalité
est un moteur de croissance et une contribution pour répondre aux
défis du vieillissement. Outre-rhin, où le renouvellement de la
population ne semble plus assuré, c'est un vrai sujet de
préoccupation qui pèse sur l'avenir du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n'y a pas de modèle
parfait mais, des deux côtés du Rhin, nous avons tout intérêt à
comparer nos approches, pour nous inspirer des meilleures pratiques
qui existent chez l'autre et faire converger nos choix économiques.
Je souhaite que nous observions quelques raisons qui expliquent les
gains de compétitivité de l'Allemagne dans l'industrie. 
</p>
<p style="text-align: justify;">1/ En gelant les
salaires, en augmentant la durée du travail et en transférant une
partie des charges sociales du travail vers la consommation,
<strong>l'Allemagne a réussi à maîtriser le coût du travail</strong>, le
faisant revenir à peu près au niveau français, alors que dans le
même temps, nous avons dû assimiler le choc des 35 heures. Or, à
coût du travail égal, l'Allemagne s'en sort mieux que nous...</p>
<p style="text-align: justify;">2/ <strong>Le capitalisme
allemand est traditionnellement construit sur le « Mittelstand »</strong>,
un réseau de grosses PME locales, ultra compétitives car innovantes
et soutenues depuis toujours par les banques des Lander qui les
financent massivement. Ce sont ces entreprises qui créent de la
croissance et des emplois et assurent aujourd'hui le dynamisme de
l'industrie allemande. En France, il nous manque un tel tissu
entrepreunarial. Il y a dans notre pays 30 000 PME entre 50 et
999 employés contre 65 000 en Allemagne. Seules 5 000
entreprises français ont plus de 250 salariés. Outre-rhin, c'est
le double. Pourquoi un tel décalage ? 
</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d'abord parce que
le modèle français s'est traditionnellement construit sur la
prégnance de l'Etat et des grandes entreprises publiques et
privées. Ensuite, parce que nos banques rechignent souvent à
prendre des risques en investissant dans des structures de taille
moyenne, moins solides que les géants du CAC 40, tandis que nos
dirigeants de PME n'ont pas l'habitude d'ouvrir leur capital
pour renforcer leur croissance. Enfin, en France, les formations sont
souvent éloignées de la réalité des PME. Nos étudiants rêvent
soit de devenir fonctionnaire, soit de décrocher un poste de cadre
dans une grande entreprise. La PME apparaît moins prestigieuse et
plus risquée... En Allemagne, la grande majorité des jeunes
s'orientera au contraire naturellement vers une de ces PME du
Mittelstand. D'autant plus que le réseau de «Fachhochschulen »,
ces établissements d'enseignement supérieur proposant des cursus
professionnalisés de niveau Bac+4, sont en contact étroit avec les
PME. Les Fachhochschulen constituent une structure intermédiaire
entre la formation universitaire et la formation en alternance. Elles
font partie de l'enseignement supérieur mais, à la différence
des IUT en France, elles n'exigent pas l'obtention du
baccalauréat (Abitur), et valident les qualifications
professionnelles. Grâce aux Fachhochschulen, l'enseignement
supérieur n'est plus limité à la théorie, mais s'étend à la
transmission de connaissances appliquées essentielles dans une PME.</p>
<p style="text-align: justify;">3/ <strong>L'Allemagne a
développé une véritable culture de l'export qui existe peu en
France</strong>. Notre pays compte aujourd'hui près de 100 000
entreprises exportatrices, soit trois fois moins qu'en Allemagne,
et 10 000 de moins depuis le début des années 2000. Les PME
françaises sont ainsi les moins exportatrices d'Europe (16% de
leur chiffre d'affaire, contre 22% en moyenne en Europe).</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci est dû au
positionnement de l'Allemagne qui est présent sur des marchés
moins concurrentiels, notamment celui des machines outils, qui
s'exportent très bien dans les pays émergents. La forte
crédibilité du « made in Germany », qui rime
universellement avec durabilité et sécurité est également un
atout de poids. Le « made in France » n'a pas une
réputation comparable, hormis dans les secteurs où la « french
touch » est reconnue, notamment le luxe. Surtout, les Allemands
ont une ouverture plus grande sur l'extérieur, notamment l'Europe
de l'Est, la Russie, mais aussi l'Asie. La maîtrise de l'anglais
est un élément déterminant. Cela peut relever du détail mais en
réalité, c'est un frein pour beaucoup d'entrepreneurs français
qui ne se sentent pas à l'aise pour échanger dans la langue du
commerce international.</p>
<p style="text-align: justify;">En réduisant la demande
intérieure, la politique de l'offre menée en Allemagne a aussi
forcé les entreprises locales à exporter davantage pour compenser
la faiblesse de la demande intérieure. En France, où la
consommation est le premier moteur de la croissance, les entreprises
ne voient pas toujours la nécessité d'exporter pour survivre et
craignent que le gain d'une exposition à l'international soit
plus faible que les efforts consentis pour gagner des parts de
marché. Enfin, l'Allemagne a su s'appuyer sur la « profondeur
stratégique » que lui ouvrent les pays de l'Est pour y
délocaliser certaines de ses productions à moindre valeur ajoutée
et ainsi réduire ses coûts de production finale.</p>
<p style="text-align: justify;">4/ Enfin, il faut noter
que les pouvoirs publics allemands<strong> jouent un rôle clé dans
l'incitation à l'investissement, notamment à travers la
politique fiscale. </strong>Par exemple, les entrepreneurs ont plus de
liberté pour choisir le rythme d'étalement d'amortissement de
leurs actifs. Cela les motive à investir fortement dès qu'ils
dégagent des profits, de manière à limiter leur taux d'imposition,
plutôt qu'à se servir des dividendes. De même, dans l'année
qui suit la réalisation d'un investissement important, les
dispositifs fiscaux permettent un remboursement de près de 25% des
montants investis. Un dirigeant d'entreprise rencontré dans les
Vosges cette semaine, et dont la PME est présente à la fois en
Lorraine et dans le Land du Brandebourg m'a ainsi confirmé qu'il
était plus incitatif pour son industrie d'investir outre-Rhin.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne défends pas une
politique de copié-collé du « modèle allemand » qui a
aussi ses limites, mais j'ai l'intuition que nous pouvons tirer
parti de quelques « bonnes pratiques » allemandes pour
transformer notre tissu industriel, redevenir un leader de l'export
et sortir renforcé de la crise. Il n'est pas sain que la France et
l'Allemagne choisissent des chemins de croissance trop différents
alors que nous avons en commun une monnaie, tant d'intérêts et
tant de projets. Ne perdons pas notre temps et notre énergie à nous
prendre des parts de marchés les uns les autres au niveau européen.
Si nous voulons peser dans la mondialisation, faisons converger nos
grandes orientations économiques pour aller chercher ensemble la
croissance face aux concurrents des autres régions du monde !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-François Copé</strong></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 04 03  2010 16:55:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Le politique doit s'emparer des faits de société</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Il faut sortir des débats stéréotypés entre «les modernes» et les «ringards», les «généreux» et «les sans-coeur».
</strong></p>
<p>
A la fin de l'année 2008, la majorité présidentielle a été confrontée à un débat de fond sur la question du travail dominical. Quand certains abordaient cette question sous l'angle technique - un aménagement des dérogations à la fermeture des commerces le dimanche -, d'autres mettaient en avant les enjeux de société qui étaient alors en question.

</p>
<p><strong>J'ai voulu saisir cette occasion pour lancer au sein de ma famille politique une réflexion approfondie sur le rôle du législateur face aux «questions de société»</strong>, ces sujets qui lient le public et l'intime et où la décision politique a de fortes répercussions, symboliques comme pratiques, sur l'organisation de notre société et la vie de nos concitoyens. En bref, ces débats où se posent de façon particulièrement aiguë les questions: 
«<em>quelle France voulons-nous, pour nous et pour nos enfants?», «quelle place 
pour l'homme dans notre société?»</em></p>
<p><strong>Depuis plusieurs années, la droite n'osait pas vraiment aborder ces questions 
de front.</strong> Avec la mondialisation, la financiarisation de l'économie, les 
révolutions technologiques, l'économie avait pris le pas sur le politique, le 
manager sur l'élu.... <strong>On avait bien fait comprendre aux responsables politiques 
qu'ils devaient se faire «les plus petits possible». A tel point qu'on avait 
presque fini par les réduire à des techniciens de la gestion publique. </strong>Ce 
retrait a pu convenir à certains, particulièrement dans ma famille politique où 
l'on se méfie à juste titre des idéologies et où l'on revendique le pragmatisme. 
Bien souvent, la droite répugne à défendre un «modèle» qui s'imposerait à tous 
et préfère affirmer sa confiance dans l'individu. Ce faisant, elle se positionne 
parfois sur un registre «gestionnaire» et laisse le champ libre à d'autres qui 
n'hésitent pas à défendre leurs convictions ou leurs intérêts.</p>
<p><strong>Ainsi, sur les questions de société, la droite se condamne souvent à suivre 
un agenda politique imposé par la gauche. </strong>Car la gauche, elle, a investi à fond 
ce champ des questions de société ! En panne d'idées sur le plan économique où 
les fondements de son idéologie ont failli, elle se rabat par défaut sur le 
terrain sociétal, en évoquant souvent un supposé «sens de l'histoire». Or, il 
n'y a pas de sens de l'histoire. Sinon, à quoi bon s'engager en politique?</p>
<p>Nicolas Sarkozy a commencé à changer la donne pendant la campagne 
présidentielle de 2007, notamment en affirmant la modernité<strong> <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.europe1.fr/Politique/Nicolas-Sarkozy-reexplique-son-travailler-plus-pour-gagner-plus-a-Lyon-28224/">des valeurs du travail</a></strong> et du mérite que d'autres 
disaient dépassées. Je souhaite que ma famille politique continue ce 
mouvement.</p>
<p><strong>Je parle bien de mouvement. Car il ne s'agit surtout pas de s'enfermer dans 
une logique de statu-quo ou de conservatisme! Nous devons être sans cesse une 
force de propositions. Il ne s'agit pas de dire «non» aux propositions des 
autres.</strong> Il s'agit d'apporter nos propres réponses et d'ouvrir nous-mêmes les 
chantiers qui nous paraissent vraiment prioritaires pour les Français. J'ai la 
conviction qu'ainsi, il est possible de concilier la promotion de valeurs fortes 
et la prise en compte des évolutions du corps social!</p>
<p>C'est par exemple ce que fait la proposition de loi adoptée cette semaine à 
l'Assemblée nationale qui instaure un<a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/17/la-nouvelle-allocation-d-accompagnement-d-un-proche-en-fin-de-vie-suscite-un-debat_1307259_3224.html"><strong> congé d'accompagnement de fin de vie</strong></a>, à 
l'initiative de Jean Leonetti.</p>
<p>Plutôt qu'une légalisation de l'euthanasie, en contradiction avec des valeurs 
essentielles de notre société, les députés de droite et de gauche ont pris le 
temps d'un long travail d'évaluation, d'audition, de réflexion. Ensemble, ils 
ont montré que derrière les <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/13137/euthanasie-droit-mourir-dignite-koz"><strong>demandes d'euthanasie</strong></a> se cachaient une peur 
de la souffrance et une peur de la solitude dans les derniers instants de la 
vie.</p>
<p>Après le vote d'une première loi Leonetti qui avait permis de mettre 
l'accélération sur <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/14993/soins-palliatifs-finir-avec-tarification-absurde-pervers"><strong>les soins palliatifs</strong></a>, cette loi instaure un 
congé indemnisé qui permet de se rendre disponible auprès de nos proches en fin 
de vie. C'est une belle démarche pleine d'humanisme qui oeuvre véritablement pour 
la dignité de chacun, et plus particulièrement des plus vulnérables.</p>
<p><strong>Sur les questions de société, l'un des rôles majeurs du politique est de 
faire vivre le débat en profondeur. Il s'agit de prendre le temps de se former, 
d'apporter aux citoyens des éclairages sur les enjeux essentiels et de leur 
donner l'occasion de formuler des positions réfléchies.</strong> Sur des sujets 
sensibles, il est indispensable d'échapper à la pression de l'instant et à 
l'emportement de l'émotion. Pour écouter et respecter l'autre. Pour sortir des 
oppositions systématiques auxquelles se réduit trop souvent notre débat public: 
«les modernes» contre les «ringards», les «généreux» contre «les 
sans-coeur»...</p>
<p>Là encore, notre Assemblée a avancé des propositions. Nous avons adopté en 
première lecture une proposition de loi de Jean Leonetti prévoyant une phase de 
débat public, avec des conférences de citoyens, en amont de toute réforme 
portant sur des problèmes éthiques et questions de société, à l'instar de ce qui 
a été fait pendant les Etats généraux de la bioéthique. Bien mené, sans même 
aboutir à des consensus, le débat en lui-même peut contribuer à renforcer des 
principes partagés, essentiels au vivre-ensemble.</p>
<p><strong>Mais le politique ne doit pas s'en tenir au débat. Comme législateur, nous 
devons aussi assumer pour le bien commun des décisions courageuses. Parfois même 
des interdictions. La loi n'est pas qu'une règle technique, elle exprime aussi 
une part de notre civilisation.</strong></p>
<p>C'est par exemple le sens de la proposition de loi que j'ai déposée pour <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.slate.fr/story/7621/la-burqa-nest-pas-une-exigence-coranique-par-jean-francois-cope"><strong>proscrire le voile intégral</strong></a> et qui a été 
cosignée par 220 députés de la majorité. Après une phase très nourrie de 
discussion et d'auditions, je considère que le temps de la décision politique 
arrive et je plaide pour une interdiction générale dans l'espace public. 
Certains nous reprochent d'attenter à la liberté individuelle. C'est souvent 
l'enjeu sur les débats de société. Dans ce cas précis, la liberté individuelle, 
conçue comme un absolu sans limites, se heurte aux exigences de la vie en 
société, à commencer par la sécurité ou la dignité des femmes.</p>
<p>Enfin, les questions de société nous invitent en permanence à relever le défi 
de la transmission et de l'éducation. On ne peut pas réguler une société 
uniquement par la loi et la contrainte. Si les valeurs sur lesquelles repose une 
norme ne sont pas comprises, celle-ci perd peu à peu son sens et sa légitimité. 
Cela invite à une réflexion de fond sur le rôle que peut jouer le politique par 
rapport au premier maillon de la transmission entre les générations: la famille. 
Comment aider les parents à jouer ce rôle de transmission sans les 
déresponsabiliser?</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Mon, 22 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Violence des jeunes, échec des adultes</title>
<description><![CDATA[<p align="justify">Des enseignants du lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine 
ont <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/12/au-lycee-de-vitry-la-lente-degradation-du-climat-explique-la-determination-des-profs_1304832_3224.html"><strong>décidé de 
ne plus faire cours</strong></a> depuis l'agression d'un de leurs élèves âgé de 
14 ans par six autres jeunes cagoulés. Leur indignation est légitime: nous 
voulons tous que l'école soit un sanctuaire du savoir où la violence est bannie, 
mais sa vocation éducative ne suffit pas à la protéger de l'insécurité; nous 
aimerions tous croire que la violence épargne les plus jeunes, mais ce qui se 
passe dans les cours de récréation nous montre le contraire.</p>
<p align="justify"><strong>Les enseignants sont, avec les élèves, les premières victimes 
de ce phénomène. L'exercice de leur profession est profondément fragilisé par 
l'insécurité dans les établissements:  il est anormal de devoir transmettre son 
savoir en ayant la peur au ventre face à des élèves eux-mêmes paralysés par 
l'inquiétude.</strong> Certains professeurs se retrouvent dans des situations où, avant 
même de pouvoir enseigner, ils doivent commencer par endosser le rôle 
d'éducateurs, de surveillants, d'assistants sociaux, de conseillers familiaux, 
ou même de policiers. Je comprends leur malaise.</p>
<p align="justify">Pour certains syndicats, la solution au problème de la violence 
à l'école serait évidente: il faudrait massivement recruter des surveillants. 
<strong>Bien sûr, dans certains cas, un poste de surveillant supplémentaire peut 
contribuer à stabiliser une situation difficile. Mais réduire la question de la 
violence à celle des effectifs de l'Education nationale me semble simpliste.</strong> 
D'ailleurs, les chiffres de la violence à l'école ont été assez stables au cours 
des années 2000 quelles que soient les variations d'effectifs. Ensuite parce que 
je crois que, face à la violence des enfants et des adolescents, il faut prendre 
le mal à la racine et apporter des réponses qui prennent en compte les parcours 
chaotiques de certains élèves.</p>
<h3>Chaos familial</h3>
<p align="justify"><strong>C'est ce que j'ai pu constater dans ma ville de Meaux, la 
semaine dernière, lorsque j'ai été confronté à un acte de violence grave dans 
une école primaire. </strong>Un élève de 11 ans en classe CM2 de l'école Alain-1 a frappé 
violemment un de ses camarades avant d'asséner un coup de poing dans le ventre 
de son instituteur qui voulait l'arrêter. Il l'a ensuite menacé en affirmant que 
ses grands frères allaient venir le venger. Suivant les procédures, 
l'instituteur a porté plainte et des policiers en civil sont venus en voiture 
banalisée chercher l'enfant dans le bureau de la directrice en toute discrétion. 
<strong>Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de cet instituteur et sa 
directrice: ils ont su réagir avec la fermeté indispensable face à ce 
déchaînement de violence gratuite sans pour autant stigmatiser cet élève devant 
ses camarades.</strong></p>
<p align="justify">Quelques jours après les faits, j'ai rencontré le père de cet 
élève. Il a commencé à chercher des excuses à son fils, en expliquant que tout 
ça n'était pas bien méchant, qu'il ne faisait jamais que jouer au catch avec ses 
copains, que les torts étaient partagés avec l'instituteur... J'ai pris le temps 
de l'écouter, de le raisonner et enfin, il est arrivé à reconnaître, avec 
beaucoup de désarroi, que son fils avait eu un comportement inacceptable.</p>
<p align="justify">En échangeant avec cet homme, j'ai vite compris que cette 
affaire trahissait une absence d'autorité parentale, liée à une situation 
familiale compliquée. Le garçon de 11 ans vit dans une famille éclatée et est en 
partie élevé par sa grande soeur dont ce n'est pas le rôle! Un de ses frères est 
apparemment connu des services de police pour des violences envers des forces de 
l'ordre. Le chaos familial est une cause malheureuse de la dérive de cet enfant 
sans repères, en début d'échec scolaire. Il faudra évidemment un parcours adapté 
pour redresser la situation.</p>
<h3>Les enfants ne naissent pas plus violents</h3>
<p align="justify">Après un rappel à la loi, j'ai passé un engagement moral avec 
le père: je lui ai demandé de prendre ses responsabilités, de s'investir auprès 
de son fils, de le recadrer et, de mon côté, je me suis engagé à tout faire pour 
lui redonner une seconde chance. J'ai ainsi obtenu que cet enfant soit intégré 
dans le dispositif de poursuite de scolarisation, que nous avons mis en place 
avec succès à Meaux, et qui était jusqu'à présent réservé aux collégiens 
difficiles. Ce dispositif consiste à placer l'élève exclu d'un collège dans un 
centre spécifique où il rencontre notamment un psychologue et un délégué du 
procureur avant d'être à nouveau scolarisé. L'enfant en question a ensuite 
intégré une nouvelle école où il suit les cours et les dispositifs d'aide 
scolaire. Je reverrai son père dans deux mois, pour faire un point avec lui et 
voir s'il a respecté sa part du contrat.</p>
<p align="justify"><strong>La violence des jeunes est un problème d'adultes! Les enfants 
du XXIe siècle ne naissent pas plus violents que ceux du siècle dernier. C'est 
la faillite éducative des adultes dans leur ensemble qui mènent aux dérives 
d'une partie de nos enfants. </strong>La fragilisation des structures familiales rend 
parfois les parents démunis. Cela invite les politiques à explorer de nouvelles 
pistes pour accompagner les familles dans leur mission d'éducation, sans les 
déresponsabiliser.</p>
<p align="justify">Je crois qu'il faut mobiliser autour du maire tous les services 
de l'Etat et des collectivités locales pour mettre en place un suivi 
personnalisé des familles les plus fragiles. C'est ce que nous faisons à Meaux, 
avec des résultats très satisfaisants. Nous réunissons autour d'une même table 
tous les acteurs concernés par la question de délinquance juvénile et 
d'insécurité à l'école: directeurs d'établissements, enseignants, services 
sociaux, élus locaux, police, parquet de justice... En coordonnant leurs 
efforts, tous ces acteurs identifient les familles à risque, les soutiennent  
et, au besoin, orientent les enfants vers des dispositifs adaptés de dépistage 
de la délinquance et de poursuite de la scolarisation. Les dispositifs comme 
«l'école des parents» où les familles trouvent un appui et des conseils sont 
également très utiles.</p>
<h3>Droit à l'expérimentation</h3>
<p align="justify"><strong>Parallèlement, nous devons mener une vraie réflexion sur la 
carte scolaire. Je suis 
convaincu qu'il faut faire davantage confiance aux acteurs de terrain, en 
profitant notamment du droit à l'expérimentation prévu par la loi. </strong>Je pense que 
pour renforcer la sécurité à l'école nous pourrions par exemple expérimenter le 
lancement d'établissements scolaires par classe plutôt que par quartier. Cela 
permettrait de protéger les élèves les plus jeunes de leurs aînés, parfois 
tentés de les menacer et de les dévoyer, et faciliterait le travail de 
surveillance à l'école.</p>
<p align="justify"><strong>A côté des mesures de sécurité indispensables, c'est bien cet 
effort en amont - de responsabilisation et d'appui des parents, de refonte de la 
carte scolaire et de coordination des services de l'Etat impliqués dans 
l'éducation - qui peut nous permettre de juguler la violence des plus jeunes. </strong>Il 
serait illusoire de croire que ce problème peut être résolu par une simple 
augmentation des effectifs de l'Education nationale. Plutôt que d'avoir une 
approche idéologique, nous devons tous nous retrouver, élus, enseignants et 
parents d'élèves, pour mettre en place des solutions adaptées à une violence qui 
traduit d'abord un échec des adultes.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Thu, 18 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Il n'y a pas de fatalité aux délocalisations !</title>
<description><![CDATA[<p>Depuis 1997, l'emploi industriel en France a baissé de plus de 10%, avec un 
net décrochage en 2001. La crise actuelle est loin d'améliorer les choses. 
L'opinion et les médias accompagnent, avec une colère mêlée de résignation, une 
litanie de délocalisations et de destructions d'emplois industriels, comme si 
elle était une inexorable spirale négative. <strong>Doit-on en conclure que la France 
est condamnée à devenir un désert industriel? Quatre raisons me poussent à 
considérer qu'il n'y a pas de fatalité aux délocalisations et que la France peut 
avoir un véritable avenir industriel.</strong></p>
<p><strong>1re raison: Nous pouvons créer de nouvelles filières en misant sur 
des investissements d'avenir</strong>. Des secteurs industriels ont certes fondu 
en France -par exemple, au milieu des années 1970, la sidérurgie employait plus 
de 200.000 personnes contre environ 20.000 aujourd'hui-, mais d'autres peuvent 
émerger. C'est tout le défi du «<strong>grand 
emprunt</strong>»: l'Etat va investir 35 milliards d'euros dans des secteurs 
d'avenir pour générer un effet de levier qui créera croissance et nouveaux 
emplois, notamment industriels. Imaginons seulement le bénéfice que tirerait la 
France d'un bon positionnement sur le développement durable, par exemple: le 
marché des produits et services verts devrait doubler dans le monde d'ici à 
2020, passant de 1.370 milliards de dollars par an à 2.740 milliards, créant au 
passage plus de 20 millions d'emplois nouveaux. Mais la France pourrait aussi 
tirer son épingle du jeu en renforçant son industrie agroalimentaire ou en 
devenant leader de la voiture électrique, pour le bénéfice de l'ensemble du 
secteur automobile français...</p>
<p><strong>2e raison:</strong> <strong>Les délocalisations se révèlent parfois 
moins intéressantes qu'elles le paraissaient de prime abord pour les entreprises 
industrielles</strong>. Il arrive qu'on assiste à un certain désenchantement 
parmi les «délocalisateurs» occidentaux: les pays émergents ne sont pas toujours 
l'eldorado industriel espéré. La productivité y est souvent moins élevée, les 
coûts et les délais de transports plus importants, la qualité de production 
parfois hasardeuse et les salaires ont tendance à augmenter. Ainsi, en 1996, le 
coût de travail en République tchèque était huit fois moins élevé qu'en France; 
en 2002, il n'était plus que cinq fois moins cher, et cette dynamique s'est 
poursuivie depuis. Au final, le coût complet après délocalisation peut avoisiner 
dans certains cas le coût de production en France.</p>
<p><strong>3e raison: l'enjeu environnemental devient un frein aux 
délocalisations et même un facteur de relocalisation</strong>. Les impératifs 
écologiques poussent au rapprochement du producteur et du consommateur, pour 
réduire les émissions de CO2 liés au transport et pour assurer une meilleure 
traçabilité du respect des normes environnementales. Dans cet esprit, les 
consommateurs davantage sensibilisés à l'écologie choisiront sans doute de plus 
en plus d'acheter des produits moins polluants. Pour aider à ce changement de 
comportement, il est nécessaire de mieux intégrer le coût écologique d'un bien 
dans le prix de vente, notamment grâce à une taxe carbone aux frontières de 
l'Europe. Les exigences vertes doivent s'appliquer également aux produits 
importés.</p>
<p><strong>4e raison: le handicap français lié au coût du travail peut être 
réduit avec de la volonté politique.</strong></p>
<p>Malgré les facteurs évoqués plus haut, le coût du travail en France reste un 
problème important. Il ne s'agit bien sûr pas de concurrencer la main d'oeuvre 
chinoise, mais de regagner quelques points en compétitivité, ne serait-ce que 
par rapport à nos voisins européens. En effet, l'érosion du secteur industriel 
en France s'explique surtout par un déficit structurel de la compétitivité du 
travail qu'il va falloir combler. Là encore, il n'y a pas de fatalité. 
L'Allemagne, qui a perdu proportionnellement plus d'emplois industriels que la 
France entre 1998 et 2006, a su inverser la tendance au prix d'un effort massif 
sur son coût du travail.</p>
<p>Pour baisser le coût du travail, il y a trois axes de travail.</p>
<ul type="disc">
<li><strong>Première piste: augmenter la productivité</strong>. Celle-ci est 
déjà très élevée en France, mais il faut continuer d'innover ou d'améliorer les 
conditions de travail pour progresser encore. 
</li>
<li><strong>Deuxième piste: alléger les charges qui pèsent sur le 
travail</strong>. La réforme de la taxe professionnelle va dans ce sens, tout 
comme les exonérations et allègements de charges sociales financés par l'Etat. 
Mais avec déjà plus de 30 milliards d'allègement de charges par an, on ne peut 
plus aller beaucoup plus loin! </li>
</ul>
<p>Le coeur du débat doit donc porter désormais sur notre protection sociale et 
particulièrement sur son financement: notre système de sécurité sociale est pour 
l'instant financé par des cotisations portant principalement sur le travail et 
en partie sur le capital. Faut-il transférer davantage le poids de ce 
financement vers le capital ou la consommation? Pour la taxation du capital, les 
marges de manoeuvre sont limitées: les capitaux peuvent franchir les frontières 
encore plus facilement que les usines et la France a déjà un taux d'imposition 
de plus de 40% du capital, 20 points supérieur à celui de l'Allemagne<a name="_ftnref"></a>.</p>
<p>Faire porter le financement de la sécurité sociale sur la consommation plutôt 
que sur le travail revient à instaurer une TVA sociale, comme cela a été 
appliqué en Allemagne. Outre-Rhin, la TVA est passée en 2007 de 16% à 19%: deux 
points de hausse ont été alloués à la réduction des déficits et l'autre point à 
une baisse des cotisations des salariés et des employeurs. Cela a permis à 
l'industrie allemande d'améliorer sa compétitivité et de gagner de nombreuses 
parts de marché à l'international, notamment aux dépens de la France. Opérer un 
tel transfert n'est pas sans danger dans notre pays, où la croissance est 
largement portée par la consommation. D'autant plus que cela éroderait le 
pouvoir d'achat des Français, à commencer par celui des retraités.</p>
<ul type="disc">
<li><strong>Troisième piste: augmenter la durée du temps de travail sans 
augmenter autant les salaires, au moins à court terme</strong>. Les Français 
sont-ils prêts à travailler plus pour gagner autant? C'est le «deal» 
qu'acceptent parfois les syndicats de certaines entreprises en échange de la 
promesse d'éviter une délocalisation. Les salariés sont sommés de se prononcer, 
«le couteau sous la gorge». Cela relève alors du chantage à l'emploi, ce qui 
n'est pas très sain pour notre démocratie sociale. Cette question est un tabou 
considérable dans le débat politique et économique français. Je considère 
pourtant qu'il faudrait poser cette question à tous les salariés français, dans 
le cadre d'un grand débat national, en leur proposant des contreparties fortes, 
par exemple la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle qui leur 
garantirait une employabilité tout au long de la vie. </li>
</ul>
<p>Aucune de ces pistes n'est un chemin facile. Mais il va falloir les explorer 
avec les Français et les partenaires sociaux avant de trancher, sous peine de 
condamner l'emploi industriel et notre système de protection sociale. Nous 
devons faire les choix courageux qui nous permettront d'inverser la tendance du 
déclin industriel français. L'exemple de l'Allemagne montre qu'un effort sur 
quelques années peut porter en germe des gains à moyen terme. Ce débat sera un 
rendez-vous de vérité au coeur de la campagne présidentielle de 2012.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 10 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>La régulation financière est toujours devant nous!</title>
<description><![CDATA[<p>Le FMI <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/27/previsions-de-croissance-du-fmi-la-chine-et-les-etats-unis-en-tete-l-europe-a-la-traine_1297342_3234.html" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>prévoit une année 2010 marquée par une reprise économique mondiale</strong></a>
à plusieurs vitesses: croissance molle en zone euro, robuste aux
Etats-Unis, à deux chiffres en Chine. <strong>Ces prédictions engagent de prime
abord à l'optimisme mais cette reprise sera fragile tant que l'économie
mondiale restera à la merci de l'éclatement de nouvelles bulles
spéculatives. </strong></p>
<p><strong>Les risques sont en effet multiples</strong>, notamment avec les
suites de la crise des subprimes, dont on a pas encore perçu toutes les
conséquences (le FMI estime que seule la moitié des 3000 milliards de
dollars des dépréciations bancaires liées à la baisse des actifs a pour
le moment été révélée...), ou avec la bulle spéculative dans les pays
émergents où la surchauffe de la croissance (10% en Chine, 7,7% en
Inde, 4,7% au Brésil) encourage les prises de risques inconsidérées.</p>
<p><strong>En clair, la sphère financière tend à revenir au «business as
usual», une fois passée la tempête médiatique sur les bonus. </strong>Ce retour
à une spéculation financière en partie déconnectée de l'activité
économique tient au décalage entre les déclarations d'intention sur la
régulation du système bancaire au niveau international à l'automne 2008
et les mesures de contrôle déjà effectives en 2010. Le chantier de la
régulation est encore largement devant nous. Parmi les grandes
priorités, il faut notamment :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Imposer une plus grande transparence aux établissements
sur les montants prêtés aux ménages, aux entreprises et aux
collectivités </strong>pour s'assurer que les banques financent réellement l'économie réelle.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Eviter </strong><strong>les dérives spéculatives</strong>
en limitant les opérations des banques pour leur compte propre, ou a
minima, en obligeant les banques à avoir les mêmes règles de
transparence pour la gestion des fonds pour le compte de tiers et pour
leur propre compte. Il faut également que les limites d'engagement des
traders soient transmises à l'autorité de tutelle pour des sanctions
immédiates en cas de dépassement. Surtout, il faut aligner tous les
acteurs de marché sur les mêmes règles prudentielles interdisant les
effets de levier excessifs qui mettent en péril l'équilibre du système.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Avancer sérieusement sur la remise à plat d</strong><strong>es normes comptables qui ont un effet d'amplification </strong><strong>des</strong><strong> crise</strong><strong>s</strong> en intégrant d'autres paramètres que la valeur du marché pour l'évaluation des actifs.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Encadrer davantage les instruments financiers comme la vente à découvert ou la titrisation</strong><strong>, par exemple, en obligeant les banques </strong>
à garder une partie des créances titrisées (la part la plus risquée)
dans leur bilan, jusqu'au remboursement effectif des créances. La note
émise par l'agence de notation au moment de la commercialisation du
produit titrisé devrait aussi être révisée plus régulièrement.</li>
</ul>
<ul class="unIndentedList">
<li> <strong>Revoir les missions d</strong><strong>es agences de notation</strong><strong></strong>: leur fonctionnement, le contrôle exercé sur leur activité, et éventuellement leur actionnariat. </li>
</ul>
<p><strong>Sur ces sujets, l'administration Obama a fait un certain nombre
d'annonces mais elle agit finalement peu, notamment du fait de
l'opposition du Congrès.</strong> </p>
<p>Quand Barack Obama, pour reprendre la main
suite à son revers électoral dans le Massachusetts, a annoncé jeudi 21
janvier, <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gsRbvEcvKIAbYXNCoqvk5wyFbosA" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>des mesures de régulation du secteur bancaire</strong></a>,
tout le monde en Europe s'est empressé d'applaudir sa démarche! Il a
expliqué vouloir limiter les activités de marché spéculatives des
grandes banques pour leur seul compte et réduire la taille des
établissements financiers afin d'éviter que l'Etat se retrouve à
nouveau dans l'obligation de venir au secours de mastodontes en péril.
</p>
<p><strong>Ces propositions sont intéressantes... à condition que les Etats-Unis
passent à l'action. L'expérience doit nous engager à beaucoup de
prudence. Il y a des précédents fâcheux.</strong> Qu'on songe, dans le domaine
environnemental, à la non ratification du traité de Kyoto; dans le
domaine comptable, aux normes IFRS que les Européens ont adoptées alors
que les Américains conservent toujours leurs propres normes comptables
plus souples, les US GAAP; ou encore au dispositif prudentiel Bâle II
destiné accroître les exigences de fonds propres des banques, qui n'a
toujours pas été adopté outre-atlantique alors qu'il est en vigueur
dans l'Union européenne...</p>
<p><strong>Le risque est que l'Europe se lance bille en tête dans une vaste
réforme de la régulation de son système financier, déjà plus
contraignant qu'outre Atlantique, alors que les Etats-Unis, au-delà des
effets d'annonce, reportent sine die cet effort chez eux. </strong>Il en
résulterait une distorsion de concurrence au détriment de l'Europe. Il
serait pour le moins paradoxal que l'effort de régulation pèse
exclusivement sur notre continent, qui est déjà plus raisonnable, alors
que la crise est venue des Etats-Unis!</p>
<p><strong>Ce risque n'est sûrement pas une raison pour abandonner le combat de
la régulation en attendant la prochaine crise... Il doit inciter
l'Europe à reprendre l'initiative et avancer unie pour défendre à
l'échelle internationale un modèle de régulation financière
raisonnable, valable pour tous les opérateurs dans le monde.</strong> Nous
pouvons nous appuyer dans cet effort sur les opinions publiques du
monde entier qui refusent que les choses reprennent leur cours comme si
de rien n'était.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 03 02  2010 11:59:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Réguler l'agriculture pour lutter contre la faim</title>
<description><![CDATA[<p>« <em>Songeons que, dans un monde où la population croît à un rythme très rapide, un monde qui, il y a peu de temps encore, comportait 500 millions d'habitants et qui en comporte aujourd'hui 3 milliards, le risque alimentaire n'est pas dans la surabondance, il est dans la pénurie. Cette surabondance apparente est en réalité le fait d'une mauvaise organisation des marchés et d'une inégalité excessive entre les nations.</em>» </p>
<p>Voilà un <a href="http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/CAF94060535/m-pompidou-dans-le-cantal.fr.html">discours prononcé par Georges Pompidou</a> à Saint-Flour dans le Cantal en 1971 qui, à condition de mettre à jour les données - la terre compte aujourd'hui près de 7 milliards d'habitants-, n'a pas pris une ride. <strong>Les déséquilibres alimentaires et le problème de la faim dénoncés dans les discours des années 1970 sont malheureusement toujours d'actualité en 2010.</strong></p>
<p><strong>En quarante ans nous n'avons donc pas trouvé la bonne équation pour régler 
les questions alimentaires au niveau mondial. </strong>Les chiffres de la faim dans le 
monde sont plus que jamais préoccupants. Selon les donnés du dernier rapport de 
la FAO (l'organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture), 
1,02 milliards de personnes souffrent de sous-alimentation et près de 40 000 
personnes meurent de faim tous les jours. C'est quasiment comme si une ville de 
la taille de Meaux mourrait chaque jour de faim...</p>
<p> </p>
<p><strong>Face à des situations d'urgence -famines, émeutes de la faim- les 
institutions internationales et les ONG se mobilisent ponctuellement. C'est 
évidemment indispensable mais cela ne suffit pas. </strong>Les réponses conjoncturelles 
ne permettent pas de s'attaquer aux causes fondamentales du problème. Elles sont 
même parfois contreproductives: l'aide alimentaire internationale peut instaurer 
une «concurrence déloyale» par rapport aux producteurs locaux et déstabiliser 
durablement les agricultures en développement. Loin de moi l'idée de remettre en 
cause l'action humanitaire d'urgence, mais elle ne doit pas nous donner bonne 
conscience à peu de frais. <strong>Si nous voulons durablement traiter les défis de la 
faim dans le monde, il faut des remises à plat structurelles de l'agriculture 
mondiale.</strong></p>
<p><strong>Je n'ai pas une réputation d'étatiste acharné, mais je ne considère pas non 
plus le marché comme un dogme absolu. </strong>La loi de l'offre et de la demande, avec 
ses aléas et ses spéculations, ne peut pas régir un secteur aussi vital que 
celui de l'alimentation sans générer, au gré des saisons, des pénuries 
intolérables et des surplus gâchés. Les fruits de la terre ne sont pas des biens 
comme les autres.</p>
<h3><strong>Plus de partenariat que de concurrence</strong></h3>
<p><strong>Il faut donc inventer une régulation intelligente des marchés agricoles, qui 
soit davantage fondée sur le partenariat que sur la concurrence acharnée et qui 
s'appuie sur les grandes régions mondiales. Cette régulation passe par la 
création d'une Organisation Mondiale Agricole qui définirait les grands 
équilibres entre régions agricoles.</strong> Chacune de ces régions (Europe, Amérique du 
Nord, Amérique du Sud, Afrique, Russie, Chine, Inde...) doit viser 
l'autosuffisance et exporter ses surplus dans ses domaines de spécialisation 
sans menacer les agricultures des autres ensembles.  Cette organisation aiderait 
les régions à gérer leurs stocks et à limiter les variations brutales des cours. 
Par exemple, il pourrait y avoir dans chaque région des prix d'équilibre par 
denrée, qui pourraient fluctuer dans une fourchette variable, selon un mécanisme 
inspiré du défunt <a href="http://www.ena.lu/serpent_monetaire_europeen-010100278.html" onclick="window.open(this.href); return false;"><strong>serpent monétaire européen.</strong></a></p>
<p><strong>Jusqu'à présent, beaucoup de pays en voie de développement, notamment en 
Afrique, ont sacrifié leurs cultures vivrières, qui assuraient leur 
autosuffisance alimentaire, pour se consacrer à la monoculture (café, banane, 
cacao...). Ils se plient à la loi d'un marché agricole mondialisé qui pousse à 
la spécialisation dans la production. </strong>Ce mouvement les a placés dans une 
situation de grande dépendance: leur capacité à nourrir leur population est 
soumise aux aléas des prix agricoles sur les marchés internationaux. 
Parallèlement, l'indépendance alimentaire de ces pays a été fragilisée par 
l'insuffisance des investissements dans la modernisation de l'agriculture et 
plus largement dans les infrastructures indispensables au développement. Le 
rachat croissant de terres arables par des Etats ou des grandes firmes 
étrangères constitue une menace supplémentaire très sérieuse pour ces pays.</p>
<p><strong>Pour sortir de ce déséquilibre, il faut que les pays les moins avancés 
puissent assurer leur subsistance alimentaire par leurs propres moyens.</strong> Jacques 
Diouf, Directeur Général de la FAO, qui intervenait dans un colloque sur la 
sécurité et l'indépendance alimentaire organisé le 21 janvier par le groupe UMP 
à l'Assemblée nationale, a expliqué que, pour éradiquer la faim, l'agriculture 
des pays en voie de développement a besoin de 44 milliards de dollars par an. 
Les efforts dans l'aide au développement doivent se porter en priorité sur le 
volet agricole. Les institutions internationales et les pays comme la France 
doivent accompagner la création de filières agricoles intégrées dans les pays 
les moins développés et accélérer les transferts de technologie vers les 
agricultures les moins productives. Cette intensification des modes de 
production, accompagnée d'une augmentation des surfaces cultivables qui respecte 
les équilibres environnementaux, devrait permettre, selon la FAO, de couvrir 90 
% des nouveaux besoins agricoles dans les années à venir.</p>
<p>Ne nous voilons pas la face, c'est aussi une manière de contribuer à une 
meilleure maîtrise des flux migratoires internationaux ! Si nous voulons que les 
populations locales se fixent sur leur territoire, il faut au moins qu'elles 
puissent manger et boire selon leurs besoins. La faim est un des meilleurs 
alliés de l'immigration clandestine... Pas seulement entre le Sud et le Nord 
mais surtout entre les pays du Sud eux-mêmes, avec des risques de 
déstabilisation dramatiques pour les Etats les plus fragiles !</p>
<p><strong>Cette approche agricole mondiale qui refuse la dérégulation à tout crin passe 
en Europe par une politique agricole commune (PAC) forte et ambitieuse 
promouvant une agriculture européenne basée sur la qualité et la diversité des 
produits. </strong>Autant dire que le démantèlement de la PAC souhaité par certains est 
une aberration, alors même que les revenus des agriculteurs français ont chuté 
de 34% en 2009 après avoir baissé de 20% en 2008. Il faudrait plutôt moderniser 
la PAC et en faire un modèle que chaque grande région agricole adapterait selon 
ses spécificités. </p>
<p><strong>C'est bien en mettant en place une régulation agricole 
mondiale que nous pourrons rendre obsolète le discours de Georges Pompidou et 
relever l'immense défi qui nous attend dans les années à venir : augmenter de 
70% de la production agricole d'ici 2050 pour nourrir 9 milliards d'habitants 
sur la planète!</strong></p>
<p> </p>]]></description>
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<pubDate>Thu, 21 01  2010 21:40:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>2010, une feuille de route passionnante pour Génération France.fr</title>
<description><![CDATA[<p><strong>A l'aube de cette nouvelle année, j'adresse à tous les membres de Génération France.fr mes voeux de bonheur et de succès.</strong> Puisse 2010 être une bonne et heureuse année pour vous et pour ceux qui vous sont chers. Que cette année permette à notre pays de sortir de la crise plus uni et plus dynamique !<br /><br /><strong>Ce début d'année 2010 est l'occasion de faire un point sur les perspectives de Génération France.fr dans les mois qui viennent.</strong><br /><br />Notre club a fêté à la fin de l'année dernière ses trois ans. <strong>2009 a été une année d'accélération très forte de notre développement.</strong> Au niveau local évidemment, puisque nous comptons maintenant soixante-dix-sept antennes dans les circonscriptions. De plus en plus de parlementaires et de Français de tous horizons nous rejoignent pour contribuer à nos débats et surtout, pour nous faire partager leurs idées. Je les en remercie chaleureusement.<strong> Les propositions lancées par Génération France.fr prennent de plus en plus de place dans le débat public. Notre site internet et la revue née en avril dernier, « Les Cahiers de Génération France.fr », nous permettent de les diffuser très largement et d'ouvrir de nouveaux champs de réflexion.<br /><br />En 2010, Génération France.fr va continuer son essor. </strong>L'évolution du paysage politique français confirme en effet l'intuition qui avait donné naissance à notre club en 2006. De plus en plus, les partis politiques s'affirment comme des machines extrêmement puissantes qui mobilisent leurs forces à l'approche des élections. Mais ces machines ont du mal à faire vivre le débat entre les échéances et à mobiliser au-delà de leur base partisane. Aux Etats-Unis, ce sont les think tanks qui nourrissent la réflexion politique. Ils animent le débat en livrant des propositions que les candidats peuvent évaluer et s'approprier avant que ne commencent les campagnes. <br /><br />Dans cette perspective, <strong>Génération France.fr veut préparer dès maintenant le grand rendez-vous de 2012, échéance majeure avec la présidentielle et les législatives.</strong> A partir des remontées des antennes locales et des ateliers du club, Génération France.fr a déterminé une feuille de route pour 2010, autour de cinq défis qui devraient faire l'élection de 2012.</p>
<h3>1/ La gouvernance de demain </h3>
<p><strong>En France, un nouvel équilibre des pouvoirs émerge, entre l'exécutif et le législatif. </strong>La décentralisation a donné davantage de pouvoirs aux élus locaux. Les partenaires sociaux sont systématiquement consultés sur les réformes importantes. Les citoyens ne se contentent plus d'être convoqués aux urnes tous les cinq ans. Ils veulent être davantage consultés On voit bien qu'on ne peut plus gouverner la France aujourd'hui comme dans les années 50. Il s'agit désormais d'inventer les modalités qui permettront de renouveler notre démocratie, sans paralyser l'action publique.<br /><br /><strong>Au niveau européen, le manque de légitimité démocratique des processus de décision est devenu un frein considérable à l'affirmation d'une Europe politique. </strong>Il est temps de sortir des approches « bruxello-bruxelloises » ou de l'opacité des négociations intergouvernementales pour remettre les citoyens au coeur de l'Europe. <br /><br /><strong>Au niveau international, l'échec de Copenhague a montré une fois de plus les limites des institutions internationales actuelles.</strong> A quand une évolution majeure, avec la création d'un conseil de gouvernance, regroupant le conseil de sécurité de l'ONU et le G20 et se prononçant sur tous les grands défis de la planète, qu'ils soient environnementaux, sanitaires, diplomatiques, économiques ?</p>
<h3>2/ La dette, question de société </h3>
<p><strong>Si nous voulons que la puissance publique garde des marges de manoeuvre et que notre système de sécurité sociale subsiste, le quinquennat 2012-2017 doit être un mandat de réduction des dépenses inutiles et de réformes structurelles majeures pour revenir à l'équilibre et rembourser nos créances. </strong>Quelles pistes mettre en oeuvre ? Comment les faire accepter par les Français ? Il ne s'agit plus d'une question technique, mais d'un véritable enjeu de société !</p>
<h3>3/ La nouvelle croissance</h3>
<p> <strong>La crise a accéléré la redistribution des cartes entre les grandes puissances. </strong>Si nous voulons que l'Europe pèse encore demain, face à la Chine, l'Inde ou les Etats-Unis, quels sont nos leviers de croissance ? Comment exploiter au mieux nos atouts, le capital humain, l'innovation, le développement durable, l'agriculture ?</p>
<h3>4/ Un nouveau pacte sur le travail </h3>
<p>Après le « travailler moins » des socialistes, avec l'indispensable « travailler plus », nous devons trouver comment « travailler mieux pour gagner plus ensemble » Tant que le rapport des Français au travail ne se transformera pas, le bien-être et le pouvoir d'achat des ménages seront limités et nous ne trouverons pas les ressources pour financer notre protection sociale. Ce chantier majeur concerne le monde professionnel, mais aussi l'école.</p>
<h3>5/ Une France rassemblée </h3>
<p><strong>La réflexion essentielle sur l'identité française doit se prolonger par un engagement de chaque Français sur ses droits et ses devoirs à l'égard de son pays.</strong> Comment construire une France rassemblée pour faire face aux défis du 21ème siècle ? C'est une question vitale pour prolonger ensemble l'aventure nationale, en conciliant unité et diversité.<br /><br />Nicolas Sarkozy a prouvé en 2007 que les grandes victoires électorales se construisaient d'abord sur le terrain des idées. <strong>Il est temps de préparer les propositions qui permettront de gagner à nouveau la confiance des Français en 2012. 2010 sera donc une année chargée pour Génération France.fr et pour tout ceux qui veulent réfléchir à la France de demain. </strong><br /><br />Sur chacun des cinq chantiers, après les élections régionales de mars prochain, nous allons tenir des grands forums qui nous permettront de dévoiler progressivement nos propositions et de les mettre en débat. L'objectif est que le programme soit prêt en 2011 pour donner toutes les chances à Nicolas Sarkozy de gagner dans deux ans et demi.<br /><br />Le premier de ces forums devrait se tenir fin avril. D'ici là,<strong> je compte m'investir à fond pour les élections régionales qui auront lieu en mars 2010. Dans un climat difficile, notre famille politique doit être unie et entièrement mobilisée. </strong>Je vais donc multiplier les déplacements auprès de nos candidats dans toute la France pour leur apporter mon soutien. <br /><br /><strong>Merci de votre confiance et de votre engagement dans cette aventure passionnante ! De tout mon coeur, je souhaite une bonne année à chacun d'entre vous !</strong></p>]]></description>
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<pubDate>Mon, 11 01  2010 21:40:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Mes trois propositions à la gauche, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Travaillons ensemble sur les retraites, les collectivités locales et le grand emprunt. </strong> </p>
<p>Des commentateurs ont vu le dernier remaniement comme un repli sur
le noyau UMP. Pourtant, les ministres d'ouverture ont tous été
confirmés. Accueillir des personnalités de gauche dans la majorité
présidentielle pour contribuer à la modernisation de la France est une
excellente initiative. Souvent réduite à un «coup politique»,
l'ouverture est surtout une nouvelle conception du travail
gouvernemental: tout en respectant le choix des Français, c'est prendre
les meilleurs talents d'où qu'ils viennent pour donner plus de chance
aux réformes. <br />
      <br /> A mon sens, il est temps de proposer
une seconde avancée: travailler main dans la main avec des
personnalités de l'opposition qui restent dans leur camp mais acceptent
d'agir avec nous pour l'intérêt général. L'objectif n'est pas de
débaucher les députés de gauche, mais bien de sortir des postures
attendues qui appauvrissent le débat politique et la discussion dans
l'hémicycle. Il n'est pas question d'abandonner son identité et ses
convictions. La démocratie ne se nourrit pas d'uniformité ou de
positions molles, elle est fondée sur la confrontation des points de
vue et la possibilité d'une alternance. <br />
      <br />
Lorsqu'il s'agit de se pencher sur des chantiers d'avenir qui
nécessitent des réformes lourdes, on voit bien que l'ouverture ne
suffit plus. Il faut créer du consensus. Or, pour cela, on doit avoir
pris le temps de travailler ensemble en amont de l'examen des textes de
loi sans pression médiatique ni réflexe partisan, à la recherche des
points d'accord. Il est temps de privilégier le dialogue et l'écoute
avec une obsession en tête: l'intérêt de la Nation. <br />
      <br />
Certains penseront que je me berce d'illusions. Or, travailler
ensemble, majorité et opposition, c'est possible. Dans beaucoup de pays
étrangers, droite et gauche sont capables de s'entendre ponctuellement
pour mettre de côté leurs intérêts partisans. On l'a vu au Danemark et
en Suède sur la question des retraites ou en Allemagne lorsque la
grande coalition arrive à promouvoir des réformes structurelles. <br />
      <br />
En France aussi, nous sommes capables d'une telle démarche. En 2001, la
LOLF (loi organique relative aux lois de finances) a été votée par la
droite sous un gouvernement de gauche. Ensemble, Didier Migaud, député
socialiste de l'Isère et Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne ont su
mettre en commun leurs talents pour transformer les règles du jeu
budgétaire. Pour que nous ayons les outils d'une meilleure gestion
publique, plus performante et plus transparente. Ce succès doit nous
donner le courage de prendre des initiatives qui vont dans ce sens. <br />
      <br />
Je propose à la gauche plusieurs travaux pratiques sur lesquels nous
devrions être capables de nous entendre. Pour peu que chacun y mette de
la bonne volonté et que nous ayons de l'ambition pour notre pays. Voici
trois propositions: <br />
      <br />
    
      <strong>Sur la réforme des retraites</strong>,
le rendez-vous est en 2010. D'ici là, il faut que nous venions devant
les Français avec des propositions fortes qui les rassurent sur la
pérennité de notre système. <br />
      <br /> Aujourd'hui, malgré les
réformes passées, notamment celle pilotée par Jean-Pierre Raffarin et
François Fillon en 2004, la retraite est un sujet d'angoisse pour
beaucoup de nos concitoyens. L'explosion des déficits publics ne va pas
les rassurer. Les plus jeunes sont très sceptiques sur la sauvegarde du
système actuel. Ils pensent qu'ils cotisent mais qu'ils ne toucheront
rien. Certains même vont jusqu'à menacer de ne pas payer la facture
laissée par leurs aînés. <br />
      <br />
Je crois qu'il y a en germe un conflit de générations très inquiétant
si nous ne sommes pas capables de moderniser notre système. <br />
      <br />
Au-delà de la question de la pérennité des retraites, il y a la
question de la justice! Le système actuel pénalise les salariés du
privé en général, les femmes et tous ceux qui ont des parcours
professionnels chaotiques en particulier. Surtout, il prend mal en
compte les questions de pénibilité. L'exemple suédois est passionnant:
dans ce pays, droite et gauche ont su travailler en amont ensemble pour
opérer un basculement d'un système par annuités à un système par
points, plus souple et plus juste. <br />
      <br />
Et si nous faisions de même? Et si, toutes les semaines, à l'Assemblée,
un groupe de parlementaires de droite et de gauche travaillait sur ce
scénario en s'appuyant sur des exemples étrangers, sur l'avis des
partenaires sociaux et des économistes. Nous pourrions avancer un
projet de réforme consensuel et ambitieux qui sauve la répartition et
renforce la justice de notre modèle social. <br />
      <br />
    
      <strong>Sur la réforme des collectivités locales</strong>,
avec les députés et les sénateurs de la majorité, nous avons avancé
plusieurs propositions très claires pour une meilleure gouvernance des
départements et des régions: mutualisation des services, création d'un
mandat de conseiller territorial fusionnant le mandat de conseiller
général et de conseiller régional... Ces propositions ont éclairé les
recommandations de la Commission Balladur. <br />
      <br /> La gauche
aura-t-elle le courage de passer à l'action avec nous? Préférera-t-elle
défendre des baronnies locales et des postes d'élus, ou fera-t-elle
avec nous le pari d'une réforme qui redonnera un nouveau souffle à la
décentralisation dans notre pays? <br />
      <strong><br />
        Sur le grand emprunt</strong>, le président de la République a lancé la réflexion dans trois directions :</p>
<ul>
<li>
      La consultation d'experts animée par Alain Juppé et Michel Rocard, un ancien Premier ministre de droite et un ancien Premier ministre de gauche!</li>
<li>La consultation des partenaires sociaux qu'il a commencé à rencontrer avec le Premier ministre François Fillon</li>
<li>La consultation des parlementaires, qu'il a lancée lors de son discours à Versailles  </li>
</ul>
<p>
Nous, députés de la majorité, nous allons lancer une consultation des
Français, dans nos circonscriptions. Dans la lignée des Etats Généraux
de la Dépense Publique, les députés du groupe UMP vont aller à la
rencontre de leurs électeurs pour échanger sur les priorités à financer
afin que notre pays redevienne une terre d'innovation et de croissance.
<br />
    <br />
Nous allons recueillir les propositions et en faire la synthèse lors de
nos journées parlementaires fin septembre. Et si la gauche faisait de
même dans ses circonscriptions ? <br />
    <br />
A l'automne, nous pourrions organiser un point d'étape et venir droite
et gauche avec nos propositions, dans un esprit d'écoute mutuelle et de
respect. Serions-nous incapables de nous entendre sur cette question de
l'innovation et de la croissance? <br />
    <br />
Voilà trois chantiers très concrets sur lesquels je tends la main au PS
sans arrière-pensée, dans le seul intérêt national. Dans une démocratie
moderne et apaisée, il est normal que des hommes de droite et de gauche
soient capables de travailler ensemble. Je suis conscient de la
révolution intellectuelle que je propose. C'est également un effort
pour la majorité. <br />
    <br />
Reconnaissons qu'il n'est pas dans la culture politique de notre pays
de chercher des solutions ensemble quand on peut faire passer ses
textes tout seuls. Le passage en force est plus courant que la
conciliation. Mais je crois que les Français nous seront vraiment
reconnaissants de cet effort.</p>
<h6>Jean-François Copé </h6>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Sat, 15 08  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Fiscalité écologique: oui à l'incitation, non à la taxation aveugle par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p><strong>En matière d'environnement, tout le monde s'accorde sur un constat d'urgence: un changement de mode de vie est indispensable pour sauvegarder la planète. </strong>Mais on ne met pas fin à des réflexes de consommation adoptées depuis des années en se contentant de slogans et de déclarations d'intention. Il faut des incitations concrètes. La fiscalité en est une. Bien employée, elle peut avoir un effet d'entraînement extrêmement efficace. C'est tout l'intérêt de la taxe carbone... à condition de respecter certains principes.<br /><br />En touchant au portefeuille, on incite les citoyens à changer. Le succès du mécanisme du bonus malus automobile en est l'illustration. Ce système, mis en place suite au Grenelle de l'environnement, encourage l'achat des véhicules les moins émetteurs de CO² et pénalise les acheteurs des véhicules les plus polluants. Le principe est juste et efficace: celui qui fait un effort est récompensé et celui qui pollue plus doit payer. Ainsi, en 2008, les ventes de véhicules les plus gourmands en carburant ont baissé de 40%, tandis que celles de modèles sobres ont augmenté de 45%. Malgré cette réussite, ce dispositif, uniquement ciblé sur l'automobile, n'est pas suffisant.<br /><br /><strong>Le projet d'une taxe carbone concerne toute activité productrice de CO² - déplacements, chauffage, production industrielle -, lorsqu'elle basée sur les énergies fossiles. La fiscalité permet d'intégrer le coût écologique pour mieux prendre en compte l'environnement.</strong> En Suède, en Finlande, au Danemark, au Royaume-Uni, depuis le début des années 1990, des mesures similaires à la taxe carbone ont été prises et ont contribué à des baisses significatives des émissions de CO². Au Danemark par exemple, depuis 1992, les émissions de gaz ont baissé de 30.5%. En France, même si elle n'est pas en tant que telle une taxe écologique, la TIPP a incité à la modération: un citoyen français consomme aujourd'hui trois fois moins d'essence qu'un citoyen américain.<br /><br /><strong>Mais la taxe de carbone ne peut être mise en place aveuglement. Il faut veiller à éviter deux écueils: d'une part, elle ne doit pas être utilisée comme un prétexte pour augmenter les prélèvements obligatoires; d'autre part, la taxe doit être un instrument pour changer les comportements et non une punition injuste.</strong> Une logique de sanction brutale serait la meilleure façon de démobiliser les Français par rapport à l'urgence écologique.<br /><br /><strong>Soyons cohérents: une fiscalité verte doit financer l'écologie. </strong>On ne peut se contenter de taxer les émissions de CO² sans investir parallèlement dans secteurs d'avenir qui vont nous permettre des solutions alternatives aux énergies fossiles. Une partie des recettes générées par la taxe doit donc être consacrée à cette fin. La taxe pourrait ainsi servir à investir dans les véhicules propres et dans le développement des transports publics. La taxe carbone ne doit pas non plus alourdir la pression fiscale en France. Elle doit donc s'accompagner d'une baisse simultanée d'autres charges, par exemple une diminution de la fiscalité pour les ménages et la suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises.<br /><br />Enfin, l<strong>a taxe carbone ne doit pas s'apparenter à une punition pour ceux qui, même avec la meilleure volonté du monde, ne peuvent changer dès aujourd'hui leur mode de déplacement. En l'absence de transports en commun, particulièrement en milieu rural, nombre de citoyens n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour aller travailler, faire leurs courses... </strong>Un mécanisme de compensation financière doit donc être mis en place pour ces ménages. Ce mécanisme ne doit évidemment pas annuler l'effet incitatif de la taxe mais au moins compenser le surcoût induit par le lieu de résidence. La compensation ne doit pas pour autant mener à l'instauration d'un mécanisme de redistribution coûteux et rigide: il serait paradoxal que lutte contre les effets de serre aboutisse à la création d'une véritable usine à gaz administrative.<br /><br />En respectant ce principe de justice et cette logique d'incitation, nous avons l'occasion de mettre en place une fiscalité écologique moderne et efficace. C'est dans cet esprit qu'avec les députés de la majorité, je souhaite contribuer au débat sur la taxe carbone.</p>
<h5>Jean-François Copé</h5>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Tue, 08 09  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Combattre la souffrance au travail, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12px;"><strong>Les entreprises doivent réapprendre et vite à motiver les salariés autrement que par le stress.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le travail est au coeur des problèmes essentiels de notre pays:
compétitivité, croissance, retraites, financement de la protection
sociale, exclusion... Sur tous ces grands enjeux, c'est par le travail
que la France s'en sortira. Or, il y a aujourd'hui un vrai malaise dans
beaucoup d'entreprises où le travail est trop souvent synonyme
d'angoisse ou de malheur.</p>
<p style="text-align: justify;">On l'a encore vu très récemment avec plusieurs suicides dans des grandes entreprises comme Renault ou France Télécom.
Bien sûr, un suicide reste toujours un acte mystérieux, qui ne se
résume pas à une seule explication. Mais il ne faut pas se voiler la
face: plusieurs cas traduisent quand même clairement ce malaise. Dans
l'émotion, certains ont voulu la démission des dirigeants concernés.
C'est un réflexe très français, dès qu'on est face à un problème, on
rejoue 1793. Il faut trouver un bouc émissaire, sortir les piques et
couper des têtes. Une fois les têtes tombées et la colère satisfaite,
on oublie de s'interroger sur les causes du problème. C'est tout
l'inverse qu'il faut faire, ne pas stigmatiser une personne mais
proposer des solutions structurelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mode de management de beaucoup de nos entreprises doit évoluer de
fond en comble. Certaines pratiques posent question: par exemple, la
mobilité obligatoire au bout de trois ans, chez France Télécom. Lorsque
j'ai découvert cette obligation pour les cadres, j'ai été sidéré! La
mobilité professionnelle est positive lorsqu'elle est choisie, mais il
n'est pas juste d'obliger un salarié à changer de cadre de vie tous les
trois ans, sans lui demander son avis. Quid de son équilibre de vie?
Quid du conjoint qui a un travail par ailleurs, des enfants qui doivent
changer d'école et quitter leurs amis?</p>
<p style="text-align: justify;">Les entreprises <strong>doivent réapprendre à motiver leurs salariés, autrement que par le stress</strong>.
C'est une aberration humaine et économique. Plusieurs études montrent
que le stress au travail coûterait chaque année 3 à 5% du PIB (Produit
intérieur brut) (arrêt maladie, perte de productivité, départ anticipé,
turn over...) Or, un salarié qui a peur de l'avenir, c'est un salarié
frileux. Un salarié heureux dans son travail, c'est un salarié motivé,
qui s'absente moins, qui innove plus, qui est plus productif... Celui
qui, à force de se pencher sur des tableaux de chiffres, oublie que
l'entreprise est d'abord une communauté d'hommes et de femmes qui
partagent des objectifs communs, fait fausse route. La crise financière
l'a montrée.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment, on parle beaucoup de la responsabilité écologique des
entreprises. C'est bien. Il ne faudrait pas oublier de mettre l'accent
sur la <strong>responsabilité sociale</strong>, qui est un des trois
piliers du développement durable: progrès économique, progrès social,
respect de l'environnement. Je voudrais que les responsables politiques
soient vigilants pour que cette responsabilité soit réellement assumée.
Pas en se substituant aux dirigeants d'entreprise, mais en soutenant
ceux qui s'engagent sur cette voie d'avenir, en valorisant les bonnes
pratiques et en sanctionnant les abus.</p>
<p style="text-align: justify;">La politique d'une nation ne se limite pas à son taux de croissance
et à son taux de prélèvement obligatoire! Je ne me suis pas engagé en
politique pour me laisser enfermer dans un rôle de gestionnaire. Dans
un monde où la dimension économique et financière prend une dimension
écrasante, les politiques doivent avoir le recul suffisant pour
remettre les choses en perspective. Le sens de notre mission, c'est le
service de l'homme; c'est l'attention au respect de la dignité de
chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains diront: «est-ce bien aux hommes et aux femmes politiques de
donner des leçons de management au monde de l'entreprise alors qu'ils
n'y connaissent rien?». Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de
réaffirmer la responsabilité du politique dans l'économie. Cela s'est
avéré nécessaire pour lutter contre la crise, c'est indispensable pour
lutter contre la souffrance au travail. Et puis c'est aussi l'Etat
actionnaire qui doit s'impliquer aujourd'hui: il possède plus de 26% de
France Télécom et près de 70% des agents sont fonctionnaires. C'est
pour cela que j'ai reçu hier l'intersyndicale de France Télécom avec
Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines, auteur d'un rapport sur la pénibilité au travail. Nous avons pu écouter la perception de l'impact social  des mutations économiques de France Telecom.</p>
<p style="text-align: justify;">Les parlementaires de la majorité vont travailler main dans la main
avec les partenaires sociaux sur un nouveau pacte sur le travail dans
notre pays: il ne s'agit pas seulement de travailler plus pour gagner
plus, il faut travailler mieux pour gagner ensemble. Avec Pierre
Méhaignerie, président de la Commission des Affaires sociales, je vais
présider un groupe de travail de députés UMP et du Nouveau Centre qui
va travailler sur ce défi. Le chantier ouvert est très vaste puisqu'il
traite des sujets suivants: la santé au travail et les conditions de
travail; l'impact des nouvelles technologies (travail sous pression,
vie privée/vie professionnelle); l'impact des nouvelles organisations
du travail (sous-traitance, flux tendu, délocalisation); les relations
sociales au sein de l'entreprise (association des salariés, solidarités
professionnelles); l'appréhension par le management de ces mutations
(formation des managers, notamment au niveau intermédiaire). La mission
du groupe débutera le 15 octobre prochain en présence des partenaires
sociaux, signataires de l'Accord national interprofessionnel de 2008
sur le stress au travail. Dans la foulée, des ateliers réunissant des
députés, des partenaires sociaux, des praticiens en ressources humaines
se réuniront.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce stade, je voudrais ouvrir quelques pistes de réflexion qui méritent peut-être d'être abordées dans ces ateliers :</p>
<ul class="unIndentedList" style="text-align: justify;">
<li> De même que le rapport Stiglitz a montré qu'on ne pouvait pas se baser sur le seul PIB pour mesurer le bien être dans un pays, <strong>pourquoi ne pas publier des indicateurs sur le bien-être des salariés dans les grandes entreprises?</strong>
En complément des indicateurs économiques et financiers, ces
indicateurs pourraient être publiés dans les rapports annuels,
présentés systématiquement aux candidats dans le processus
d'embauche... Le bien-être des salariés deviendrait ainsi un outil
d'attractivité pour le recrutement! </li>
<li> <strong>Pourquoi ne pas mettre en place un système de bonus-malus sur les charges sociales</strong>
pour les entreprises qui misent sur le capital humain, en développant
la formation tout au long de la vie, l'employabilité, l'évolution des
carrières...? On le fait bien pour protéger l'environnement. Pourquoi
pas pour promouvoir le «capital humain»?</li>
<li> <strong>N'est-il pas enfin temps de renforcer la syndicalisation?</strong>
Avec des syndicats plus forts, on aurait des centrales plus disposées
au dialogue et des salariés plus impliqués et plus informés sur la
stratégie de l'entreprise. Certaines entreprises, comme Axa, donnent un
«chèque syndical» à leurs salariés: chaque salarié reçoit ainsi un
chèque destiné à financer l'organisation de son choix, libre à lui de
s'en servir ou non. Dans certains pays, on ne bénéficie des accords
négociés par les syndicats que si l'on cotise à une association
représentant les personnels. Pourquoi ne pas y réfléchir en France? </li>
<li> <strong>La révolution du travail n'aura lieu que si les entreprises jouent le jeu de la rémunération</strong>. Quand les résultats sont là, il est normal que tous les salariés en profitent, pas seulement les hauts dirigeants! </li>
<li> Enfin, il faudrait oser étudier <strong>le lien entre les 35 heures et la dégradation des conditions de travail.</strong>
La diminution du temps de travail s'est souvent traduite par une hausse
du stress au travail: il faut faire presque autant en moins de temps.
Les 35 heures ont contribué à une perte de la convivialité dans
l'entreprise en assimilant le travail à une aliénation, seule la vie
privée offrant un espace d'épanouissement.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Si nous arrivons transformer le rapport des Français au travail,
nous gagnerons sur toute la ligne. Pour les salariés, en bien-être et
en pouvoir d'achat. Pour la société toute entière, cela permettra
notamment d'assurer la survie de notre protection sociale et notre
prospérité. C'est dans cet esprit déterminé et positif que la majorité
parlementaire s'engage sur ce chantier difficile. Voilà pour le
Parlement une façon d'utiliser à bon escient le pouvoir d'initiative
renforcé dont nous disposons grâce à la réforme constitutionnelle de
2008!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Jean-François Copé</em></p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Thu, 15 10  2009 09:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Faire de la langue arabe une option comme une autre</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Au coeur de mon engagement politique, la question de l'identité nationale prend une place de premier plan. Alors que je sens notre nation tiraillée par des tensions et des doutes, je veux réaffirmer avec force le besoin d'unité, sans lequel l'exaltation permanente de la diversité n'a pas de sens. Dans cette perspective, je récuse l'explication différentialiste qui inviterait à considérer le port de la burqa dans la sphère publique comme une pratique légitime, au nom d'un héritage culturel ou religieux.</strong> Je suis pour une loi d'interdiction de la burqa dans l'espace
public, précédée d'une phase de dialogue pour expliquer aux personnes
concernées ce qui est en jeu.
</p>
<p>Dans ce contexte, la proposition que j'ai avancée récemment de
développer l'enseignement de la langue arabe au sein de l'Education
nationale a suscité un débat et quelques incompréhensions. Comme si ces
deux positions, sur la burqa d'une part et sur la langue arabe d'autre
part, étaient incohérentes. Je crois au contraire qu'elles s'inscrivent
dans la même logique de fidélité aux valeurs de la République et dans
la même dynamique de renforcement de notre communauté nationale.</p>
<p><strong>Ma proposition sur la langue arabe part d'un constat simple :
aujourd'hui, quand un jeune veut apprendre l'arabe dans notre pays, il
s'adresse en priorité à la mosquée, plutôt qu'à l'école.</strong> Quand on regarde les chiffres,
on s'aperçoit en effet qu'au primaire, 36 000 élèves sont pris en
charge par l'Education nationale via le dispositif des ELCO
(enseignements de langue et culture d'origine). Ce système a été lancé
par des accords bilatéraux passés dans les années 1980 notamment avec
l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Il met à la disposition de
l'Education nationale des enseignants étrangers détachés en France pour
enseigner l'arabe. Au secondaire, seuls 4 800 élèves suivent des cours
d'arabe dans le cadre des collèges et des lycées. Il y a donc près de 8
fois moins d'élèves au secondaire qu'au primaire. Comment expliquer
cette déperdition?</p>
<p>On voit aussi qu'un département sur deux n'offre pas de formation
d'arabe au secondaire, ce qui oblige 1 800 élèves à prendre des cours
par correspondance auprès du CNED
(Centre national d'enseignement à distance). En revanche, plus de 65
000 jeunes en âge d'être scolarisés suivent des cours d'arabe dispensés
par le secteur associatif. Or aucun contrôle n'existe sur cet
enseignement: il peut être d'excellente qualité comme donner lieu à des
dérives voire à des récupérations intégristes à l'insu des parents.</p>
<p>Comment expliquer un tel écart entre la demande pour apprendre
l'arabe dans notre pays et l'offre de l'Education nationale? Il y a
sans doute une méfiance liée à une confusion simpliste qui règne trop
largement: proposer d'enseigner l'arabe dans nos classes reviendrait à
installer l'islam au coeur même de l'école laïque. L'arabe est ainsi peu
à peu assimilé à une langue essentiellement identitaire ou religieuse
dont l'apprentissage serait un réflexe communautariste. Pourtant, il ne
devrait pas y avoir plus de blocages avec l'arabe que pour d'autres
langues étrangères, auxquelles sont attachées d'importantes communautés
d'immigration dans notre pays, comme le portugais, l'italien ou
l'espagnol.</p>
<p><strong>Il est légitime pour des parents de souhaiter que leurs enfants
apprennent la langue d'origine de leur famille. Non seulement pour
garder un lien vivant avec leur histoire familiale, mais surtout pour
leur ouvrir des opportunités. </strong>Les zones de langue arabe, les pays du
Golfe ou le Maghreb par exemple, sont en pleine croissance et sont
demandeuses de jeunes français arabisants et bien formés. Sans
développer l'apprentissage de l'arabe à l'école, la France prive
certains de ses jeunes de vraies opportunités de carrière. A l'heure où
l'on s'inquiète du chômage des jeunes et l'on insiste sur l'importance
de maîtriser des langues étrangères, il serait étonnant de continuer à
se fermer des débouchés sur près de 300 millions de personnes dans le
monde.</p>
<p>Le malaise actuel est d'autant plus paradoxal que la France a
toujours été novatrice dans son ouverture aux langues orientales. Une
longue histoire unit la France à la langue arabe: François 1er a été le
premier à ouvrir en 1530 une chaire d'arabe en France. En 1905, l'arabe
a fait son entrée dans les concours de recrutement de la fonction
publique tandis qu'une agrégation d'arabe était fondée. Depuis 1975,
l'arabe est proposé aux élèves du secondaire comme une langue vivante
1, 2 ou 3. La France est d'ailleurs le seul pays occidental à enseigner
la langue et la civilisation arabe depuis le primaire jusqu'à
l'université, en s'appuyant sur un corps d'enseignants titulaires de la
fonction publique, recrutés par concours. On connaît aussi la grande
oeuvre de l'orientalisme français, de Champollion jusqu'à Massignon en passant par Corbin ou Charles de Foucauld,
qui témoigne de la fascination et de l'amour de notre pays pour les
civilisations d'Orient. Au regard de cette grande tradition, la
possibilité d'apprendre l'arabe en France devrait donc être une simple
formalité.</p>
<p>L'Education nationale semble prendre peu à peu conscience du
problème. Elle a donc défini en 2008 quelques orientations pour changer
la donne: l'implantation de filières d'excellence; la création de 6èmes
bilangues anglais-arabe et de nouvelles sections internationales; le
développement d'un enseignement inter-établissements dans les lycées de
centre ville des grandes agglomérations ou encore l'implantation de
l'arabe dans les formations du tourisme, de la restauration et de
l'hôtellerie. Ces propositions vont bien sûr dans le bon sens, mais
suffiront-elles à répondre à l'urgence de la demande?</p>
<p>Des bassins regroupant un potentiel important d'élèves issus de
l'immigration et désireux d'apprendre l'arabe sont aisément
identifiables dans les grandes agglomérations. Un maillage répondant
mieux aux besoins peut être mis en place. Pourquoi ne pas mettre en
place un grand plan de développement de l'arabe, analogue à celui
auquel on assiste pour le chinois aujourd'hui? Pourquoi ne pas ouvrir
plus de places au CAPES et à l'agrégation d'arabe? Pourquoi l'Education
nationale, dans le cadre des ELCO, ne renforcerait-elle pas ses
exigences en termes de méthode, programme et formation tout en
élargissant le dispositif ?</p>
<p><strong>«Qu'ils apprennent déjà le Français!». J'entends déjà les réactions
de ceux que cette proposition dérange. Là n'est pas la question.
L'instruction du français doit évidemment être renforcée.</strong> <strong>Son
apprentissage est l'une des raisons d'être de l'Education nationale
quand l'arabe ne doit être qu'une option offerte à ceux qui le
souhaitent, sans se substituer à l'indispensable maîtrise de l'anglais.
Apprendre une langue en plus, ce n'est pas un frein, c'est toujours un
atout.</strong></p>
<p>Jean-François Copé</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Tue, 15 09  2009 12:41:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pour un Conseil de Gouvernance mondiale, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans quelques jours, le sommet du G20 se réunira à Pittsburgh.
L'ordre du jour est chargé et les attentes sont énormes. Outre le suivi
des plans de relance dans les différentes économies, il s'agit de voir si les décisions prises en matière de régulation et de transparence au sommet de Londres en avril dernier
ne sont que de belles intentions ou si elles sont effectivement mises
en oeuvre. Alors que les marchés financiers reprennent de la vigueur,
les opinions publiques à travers le monde attendent de voir si les
Chefs d'Etat se contenteront d'un retour au «business as usual» ou
s'ils tenteront de reprendre la main pour construire un système
financier plus solide, où les opérateurs assument davantage leurs
responsabilités.</p>
<p style="text-align: justify;">En clair, c'est le grand test pour les responsables politiques.
Après le temps des grands discours au coeur de la crise où chacun a
fustigé les excès de la finance, de Washington à Londres, de Paris à
Buenos Aires, c'est le temps de la volonté politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette volonté est déterminante et on espère qu'elle triomphera des
frilosités à Pittsburgh. Mais sera-t-elle suffisante sur la longue
durée pour mieux réguler l'économie mondiale? Comme le disait Jean
Monnet, père de l'Europe, «rien n'est possible sans les hommes mais
rien n'est durable sans les institutions.»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des institutions internationales obsolètes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Or s'il y a une évidence que cette crise a révélé avec force, c'est
bien l'absence d'institutions capables de traiter les problèmes
économiques mondiaux. Sans le sang froid et l'initiative de chefs
d'Etat comme Gordon Brown, Nicolas Sarkozy ou Angela Merkel, l'économie
mondiale aurait pu sombrer de façon encore plus violente en septembre
dernier, alors que les Etats-Unis étaient «paralysés» par leur campagne
présidentielle.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous vivons encore avec des institutions internationales du milieu
du 20ème siècle, complètement inadaptées à la situation mondiale
actuelle et aux développements des échanges internationaux. FMI, G8,
G20, ONU, OMC, OMS... Qui est à même d'anticiper les crises? d'y
répondre rapidement? avec une autorité et une légitimité suffisantes?</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut sortir du «système D» et inventer une gouvernance du système
international enfin adaptée au 21ème siècle, avec une capacité à
aborder de front les problèmes économiques, politiques, écologiques et
sociaux qui sont de plus en plus complexes et interdépendants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système actuel est dépassé parce qu'il y a trop d'organes
spécialisés, sans vision globale, et sans réel pouvoir de décision. Il
y a en outre un vrai problème de représentativité des pays du Sud et
des pays émergents dans les instances dirigeantes....</p>
<p style="text-align: justify;">Pour gagner en légitimité et en efficacité, je propose la fusion du
G8, du G20 et du Conseil de sécurité de l'ONU, dans une nouvelle
instance qui serait baptisée «Conseil de Gouvernance».</p>
<p style="text-align: justify;">Elle verrait ses compétences étendues aux défis économiques,
environnementaux et sociaux. On pourrait même imaginer de placer le FMI
et la Banque Mondiale sous son autorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle intègrerait des États de tous les continents et assurerait en
particulier une meilleure représentativité des Etats du Sud et des
économies émergentes (90% du PIB mondial et 65% de la population). Elle
permettrait de gagner en efficacité: on simplifierait considérablement
la gouvernance mondiale en diminuant le nombre d'instances et de Forums
dont les opinions publiques se demandent parfois à quoi ils servent.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle règlerait du même coup la nécessaire et difficile réforme du Conseil de sécurité de l'ONU.</p>
<p style="text-align: justify;">Très concrètement il s'agirait de faire passer le Conseil de
Sécurité de l'ONU de 15 à 25 membres, comme c'est déjà prévu dans le
projet de réforme en discussion actuellement. Outre les 5 membres du
Conseil permanent actuel (France, Chine, Etats-Unis, Japon, Russie,),
on n'y intégrerait, en qualité de membres permanents, les 14 autres
pays membres du G20 qui n'en font pas partie comme le Japon,
l'Allemagne, l'Arabie Saoudite, le Brésil, ou l'Inde... Et il y aurait
toujours 6 membres tournant pour assurer la représentativité des autres
pays.</p>
<p style="text-align: justify;">A ceux qui considèrent que ce projet est un peu utopique, j'ai envie
de répondre : n'attendons pas la prochaine crise pour se rendre compte
qu'une réforme de la gouvernance internationale est indispensable !</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-François Copé</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
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<pubDate>Tue, 22 09  2009 15:36:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Pour l'égalité professionnelle des sexes, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il faut l'avouer, à l'Assemblée, la parité n'est pas du tout respectée:
malgré les pénalités financières qui sanctionnent les partis PS comme
UMP, 18.5% seulement des députés sont des femmes! Que dire du
Gouvernement...Reconnaissons qu'il y avait eu des vraies avancées en
2007. Mais on peut regretter que deux ans plus tard, au niveau des
ministres, il n'y ait désormais plus que 4 femmes et 14 hommes...</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<h4>Il faut une volonté politique</h4>
<p style="text-align: justify;">La famille politique à laquelle j'appartiens a beau avoir fait des progrès, elle n'est pas encore exemplaire, loin de là ! Il y a toujours mille raisons pour justifier cette situation: la prime au sortant, au réseau, à l'implantation locale... Les faits sont là: lorsque les élections approchent, le renouvellement est trop rare. <strong>Je ne crois pas à la vision «tranquillisante» qui dit qu'avec le temps, tout ira mieux. La clé du changement, c'est la volonté des dirigeants des partis de changer. C'est l'engagement continu des femmes, c'est leur investissement militant, c'est leur refus de jouer les seconds rôles !</strong><br /><br />Pour ma part, depuis mon arrivée à la présidence du groupe UMP, je veille à assurer un équilibre dans les prises de parole, lorsque nous formons un groupe de travail, une commission... J'ai surtout réservé des postes pour des femmes dans les élections internes. Nous sommes fiers aujourd'hui d'avoir une Vice-présidente UMP à la tête de l'Assemblée nationale -Catherine Vautrin-, alors qu'il n'y avait autrefois que des hommes. De même, il y a enfin une femme à la tête d'une commission permanente de l'Assemblée, grâce à l'élection de Michèle Tabarot comme présidente de la commission des affaires culturelles et de l'éducation.<br /><br /><strong>Dans la sphère économique, la situation est encore pire qu'en politique.</strong> L'inégalité est d'abord salariale: la rémunération brute totale moyenne des femmes est inférieure de 27% à celle des hommes. L'écart est plus élevé encore parmi les plus diplômés et les salariés les plus âgés. L'inégalité existe aussi pour l'accès aux postes à responsabilités: les femmes constituent près de la moitié de la population active: 47%. Et quelle est leur place dans les conseils d'administration des 500 premières entreprises françaises? 8% ! Près de 60% des sociétés en question n'ont tout simplement pas de femmes dans leur conseil d'administration. Là encore, comme en politique, les explications ne manquent pas: la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, l'impact des congés maternité (55% des femmes ont le sentiment qu'ils ont des conséquences négatives sur leur déroulement de carrière...), le manque de renouvellement des instances, le multi-cumul des mandats d'administrateurs répartis entre quelques personnes... Cela fait-il une excuse valable? Bien sûr que non! Une fois qu'on a dit son désaccord, on ne peut plus se contenter d'un discours avec des belles intentions. Faut-il attendre que les choses changent toutes seules ? Non : il faut un déclencheur pour accélérer le changement!</p>
<h4>Révolutionner les entreprises</h4>
<p style="text-align: justify;">Marie-Jo Zimmermann, député de la Moselle, a déposé une proposition de loi pour appliquer le principe constitutionnel d'égal accès des femmes et des hommes aux postes de responsabilité. Elle propose que la part de femmes ou d'hommes dans un conseil d'administration d'une grande entreprise ne puisse plus être inférieure à 40% dans les 5 ans qui viennent. A terme il faudra aller jusqu'à 50%. Certains s'en offusquent. Pour moi, il est temps de donner un signal fort. Il faut briser ce plafond de verre qui freine les femmes dans leur carrière, de façon injuste.<br /><br /><strong>Avec une telle révolution à la tête des entreprises, on peut espérer une impulsion qui se diffuse dans toutes les organisations. </strong>Aujourd'hui, les jeunes femmes sont notamment tiraillées entre leur carrière professionnelle et leur désir de maternité. Même si la France est un pays qui arrive à concilier un des plus hauts taux d'activité des femmes et un taux de fécondité élevé, l'articulation de la vie familiale et de la vie professionnelle reste un casse-tête. Quoiqu'on en dise, la maternité est encore trop souvent pénalisante. Je suis sûr que le jour où une jeune femme d'une trentaine d'années verra dans le conseil d'administration de son entreprise des femmes qui ont pu mener de front une carrière professionnelle et une vie personnelle, elle se sentira tirée vers le haut.<br /><br /><strong>Surtout, cela permettra de propager par le haut de nouvelles bonnes pratiques pour lutter contre les inégalités entre femmes et hommes dans l'entreprise.</strong> Les conseils d'administration ont effet le devoir de veiller à la stratégie de l'entreprise, notamment en matière de rémunération. La parité dans les conseils d'administration, c'est donc un moyen de veiller à une politique salariale équilibrée entre les femmes et les hommes.<br /><br />Dans la même logique, je suis pour une obligation de parité sur les listes prud'hommales et sur les listes de délégués du personnel et des comités d'entreprise.<br /><br /><strong>Bien sûr, on nous objectera que l'entreprise n'a pas vocation à être représentative. Contrairement aux instances politiques. Et donc que la parité obligatoire est légitime dans une assemblée représentative mais pas dans le monde économique. </strong>Ce raisonnement s'applique sans doute pour des petites entreprises, où l'exigence de parité serait impossible. En revanche, <strong>au conseil d'administration d'une grande entreprise, c'est la sous-représentation des femmes qui n'est pas légitime ! </strong>Je vois tout le bénéfice que tire de la parité une équipe dirigeante dans une collectivité locale. Je crois qu'il faut en faire profiter le privé ! D'ailleurs une étude de Michel Ferrary, chercheur à Sophia-Antipolis, montre que les entreprises qui emploient le plus de femmes, notamment chez les cadres, sont plus performantes et rentables que les autres!<br /><br /><strong>Par cette décision, la France affirmerait son engagement déterminé sur la question de l'égalité hommes-femmes. </strong>Il y a une forme de tartufferie à invoquer ce principe lorsqu'il s'agit de dénoncer le port de la burqa, si on ne fait rien par ailleurs pour lutter contre des inégalités au coeur de notre système économique. Cela ne règlera pas d'un coup tous les problèmes: il n'y a pas de solution unique. Mais ce serait une impulsion décisive dans l'effort continu que nous devons mener pour l'égalité entre les femmes et les hommes.</p>
<h3>Jean-François Copé</h3>
<p style="text-align: justify;"> </p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Tue, 20 10  2009 09:58:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>La liberté et Internet, par Jean-François Copé</title>
<description><![CDATA[<p>J'ai récemment reçu des messages de menace sur mon <a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://www.jeanfrancoiscope.fr/site/index.php">blog</a>.
Une menace anonyme, bien entendu. Et aux propos assez grotesques. Tout
en me traitant de liberticide et de censeur des droits fondamentaux,
«on» me promet la «guerre», «de réduire mon existence sur Internet à
néant», de nuire «à mes proches et à ma famille». Pourquoi tant de
haine? Parce que j'ai affirmé qu'Hadopi devait être le point de départ
d'une nécessaire régulation du web. Parce que j'ai proposé l'ouverture
d'un débat public approfondi sur l'articulation entre Internet et
liberté.</p>
<p>Au-delà du procédé et du contenu de ce message que chaque internaute
responsable ne peut que condamner, je lis depuis plusieurs jours sur
certains blogs et forums, quelques propos étonnants à mon encontre. Ils
me caricaturent en technophobe, pourfendeur d'Internet et voulant à
tout prix museler ce nouvel espace. En réponse à ces caricatures et
plus largement, parce que c'est pour moi un sujet essentiel, je veux
faire une mise au point sur quelques-unes de mes convictions au sujet
des technologies numériques.</p>
<p>Le développement du numérique n'est pas seulement une innovation
technique. Il induit un bouleversement profond de notre vision du
monde, de nos modes de vie, de nos relations aux autres, de
l'organisation de notre société et de l'économie. Nous sommes en train
de basculer dans un nouveau monde. Et comme pour l'immense majorité des
internautes, cela est d'abord pour moi une source d'enthousiasme! Le
numérique, ce sont des opportunités fantastiques et des découvertes
passionnantes en perspective.</p>
<p>Même si je ne suis pas né avec un clavier dans les mains comme la
génération MSN, ma conviction à ce sujet ne date pas d'aujourd'hui.
Quand j'ai lancé mon club de réflexion, il y a bientôt 3 ans, j'ai
d'ailleurs choisi de l'appeler «Génération France.fr». Pour moi, le
«.fr» n'est pas un gadget. Il dit bien sûr ma volonté d'en faire un
club interactif, où le site Internet joue un rôle central. Mais
surtout, il veut signifier que les grandes réflexions sur l'avenir de
notre pays n'ont de sens qu'en intégrant systématiquement la nouvelle
donne du numérique.</p>
<p>J'ai la certitude qu'Internet et les nouvelles technologies sont une
chance pour tous et pour la politique en particulier. Internet peut en
effet offrir une véritable respiration démocratique, avec une
circulation plus directe de l'information et une interactivité
renforcée. A travers Internet, les responsables politiques peuvent
établir un contact plus direct et moins formel avec des citoyens
parfois éloignés du débat politique. Je le vois sur mon blog ou sur
Facebook. En quelques clics, des personnes que la chose publique
mobilise rarement peuvent réagir à des propositions ou avancer les
leurs.</p>
<p>Avec les députés du groupe UMP, dès que nous identifions un sujet de
débat important, nous mettons en ligne un site Internet pour présenter
les enjeux et donner la parole aux internautes. Je l'ai déjà fait pour
le débat sur l'avenir de la télévision publique, sur la réforme de l'instruction judiciaire, sur la loi relative aux universités, sur <a href="http://www.ladepensepublique.fr">la maîtrise de la dépense publique</a>, sur <a href="http://www.la-burqa-en-debat.fr">le port de la burqa</a> et sur <a href="http://www.investirpourlavenir.fr">les dépenses d'avenir</a>.
A chaque fois, ces sites ont rencontré un grand succès et j'ai été
impressionné par la qualité des contributions des internautes. Pour les
Etats Généraux de la dépense publique, plus de 15 000 contributions ont
été reçues et certaines propositions seront portées par les députés
lors des discussions du prochain projet de loi de finances. C'est dire
si Internet a déjà changé pour le meilleur notre façon de faire de la
politique. Et ce n'est qu'un début...</p>
<p>Mais si les technologies du numérique peuvent contribuer au
meilleur, elles peuvent aussi servir au pire. Qu'on me pardonne cette
banalité, mais il me semble parfois que le simple fait de la rappeler
suscite des levées de bouclier chez quelques internautes qui, tout à
leur fascination devant les prodiges du numérique, en perdent leur
regard critique. Les responsables politiques ne seront pas les moines
copistes qui s'insurgeaient contre la diffusion de l'imprimerie mais
notre devoir est de faire en sorte que les progrès soient mis au
service de l'homme, et particulièrement des plus vulnérables. C'est ce
que nous voulons faire en matière de santé et de recherche avec les
lois bioéthiques. Nous devons avoir la même ambition par rapport au
numérique.</p>
<p>Il faut en finir avec une certaine forme de naïveté qui fait
d'Internet «le pays des bisounours», où tout le monde serait gentil et
aurait des intentions louables. Sur Internet comme ailleurs, l'absence
de règles n'est pas liberté mais anarchie. Et je vous invite à vous
méfier de ceux qui défendent la régulation dans la sphère économique
tout en réclamant l'absence de régulation sur Internet. A mon sens, ce
comportement n'a rien à voir avec la modernité: il consiste au
contraire à penser, comme au début du web, qu'Internet est un monde
virtuel, à part, alors que c'est devenu un maillon central du nouveau
monde !</p>
<p>Tout l'enjeu est à présent de définir des règles pertinentes. Il y a
de vraies questions à aborder, sans a priori. En voici quelques-unes
mais la liste est très loin d'être exhaustive.</p>
<p>· <strong>Le droit à l'oubli</strong> a-t-il encore un avenir quand
les photos de soirées d'un jeune de 17 ans peuvent être stockées et
exploitées contre lui 10 ans plus tard lorsqu'il cherchera du travail?</p>
<p>· <strong>Le droit à l'intimité</strong>, conquête historique
récente, qui a permis aux individus de s'affranchir d'un contrôle
social parfois oppressant, est-il voué à la disparition au nom de la
transparence absolue ou doit-il être réaffirmé au nom de la liberté
individuelle?</p>
<ul>
<li><strong>La propriété intellectuelle</strong> ou le droit à l'image doivent-ils prendre une nouvelle forme dans le monde numérique ?</li>
<li><strong>Comment protéger les producteurs et les consommateurs</strong> contre les contrefaçons dans un monde où il n'y a parfois plus de différence entre l'original et la copie?</li>
<li><strong>Comment lutter efficacement contre les escroqueries</strong> ou les sites pédophiles sans tout verrouiller?</li>
<li> <strong>Comment mettre à l'abri les enfants de contenus </strong>qui ne leur sont pas destinés, alors qu'ils passent plusieurs heures par semaine à surfer et à chatter?</li>
<li> <strong>Qu'est-ce que la responsabilité individuelle </strong>dans un monde où l'anonymat est revendiqué et où le buzz multiplie les phénomènes de masse ?</li>
</ul>
<p>Personne n'a de réponse toute faite à ces interrogations mais c'est
la responsabilité des hommes et des femmes politiques, et notamment du
Parlement, d'y travailler! Pour réussir la révolution numérique, il ne
suffit pas de plaquer sur Internet quelques principes du monde actuel.
C'est un chantier immense et passionnant que nous devons ouvrir, en
France et avec nos partenaires européens. Nous devons le faire en
consultant très largement, en écoutant les citoyens et les acteurs
d'Internet, les chercheurs du numérique et les experts... Si nous
passons à côté de ce défi, ceux qui nous reprochent aujourd'hui de
vouloir agir nous reprocheront demain de n'avoir rien fait.</p>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Mon, 28 09  2009 15:36:00 +0000</pubDate>
</item>
<item>
<title>Génération France.fr, force de propositions  au coeur du débat public...</title>
<description><![CDATA[<p><strong>Le questionnement sur l'identité française est au coeur de notre réflexion, depuis notre première grande réunion en novembre 2006. « C'est quoi être français aujourd'hui ? », voilà une question qui ne pose pas seulement pour les Français issus de l'immigration récente mais qui interpelle chaque citoyen, quelle que soit sa région, son origine, sa couleur de peau, sa confession </strong></p>
<p>Notre communauté nationale est si souvent tiraillée par le doute, tantôt à la recherche d'elle-même, tantôt à la recherche de boucs émissaires : <strong>il est vital de retrouver les raisons de vivre et de réussir ensemble pour prolonger l'aventure française en tenant compte de la diversité de notre société.</strong> C'est ma conviction profonde et c'est pour cela que j'ai lancé Génération France.fr.<br /><br />Avec l'atelier Communauté de Génération France.fr, nous avions étudié la démarche menée au Canada en 1991, le « forum des citoyens pour l'avenir du Canada », et nous avions proposé de nous en inspirer dans notre pays en lançant sur 12 mois une grande concertation, impliquant tous les Français, au-delà de la sphère des experts ou des responsables politiques. Dans les universités et dans les entreprises, dans les écoles et dans les associations, dans les mairies et dans les préfectures, sur internet et dans des réunions publiques, nous suggérions de multiplier les occasions d'échanges entre Français sur le passé de notre pays, sur les valeurs que nous partageons aujourd'hui et surtout, sur l'avenir que nous voulons dessiner ensemble<br /><br /><strong>L'initiative annoncée par Eric Besson va dans le bon sens et Génération France.fr y apportera sa contribution avec le plus grand intérêt. Cette annonce du Gouvernement répond à un besoin pour notre pays. Elle confirme l'importance des clubs de réflexion dans notre démocratie et montre la valeur ajoutée de Génération France.fr. </strong>Notre club s'impose comme une référence au coeur de la vie politique en donnant le la du débat public sur des sujets de plus en plus nombreux : la place des femmes dans la vie économique, les évolutions nécessaires de l'Education nationale, la réforme de la gouvernance mondiale<br /><br /><strong>Nous avons le devoir de continuer sur notre lancée, pour alimenter sans cesse le débat politique avec des propositions audacieuses, conformes à nos convictions et qui apportent des réponses aux défis de ce début de 21ème siècle. </strong><br /><br />Merci de votre soutien et de vos contributions qui nous permettent d'être ensemble à la hauteur de cette ambition au service du bien commun.</p>
<h2>Jean-François Copé<br /></h2>]]></description>
<link>http://www.generationfrance.fr</link>
<guid>http://www.generationfrance.fr</guid>
<pubDate>Wed, 28 10  2009 08:58:00 +0000</pubDate>
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</channel>
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